Musique. Stéphane Meer « The Prophecy. »

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A comme Amour
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Copyright numéro 00051199-1

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mardi

Eve et Don Juan


Il s’ingénie et s’épanouit dans le plaisir  
La jouissance de l’instant présent et à venir
Défiant les codes de la morale
Est-ce un vertébré phénoménal

Un sang chaud un étalon un lion
Un sang froid variable un caméléon
Entre la distraction et le cynisme
Entre la destruction et l’égoïsme

Poupée jolie de Séville à Deauville
Vos heures creuses sonnent pile
Et face lorsque le jour se lève
Jouant toujours avec ses mortels rêves

Il n’y a pas que ses mots qui vous brûlent
Dans le foyer tourmenté de vos amours
Pour lui la vie est un vide à remplir
Pour vous la vie est un plein à découvrir

Il n’y a pas que les brûlures qui font mal
Toutes vos cendres contiennent une histoire
Des belles des tristes au bord de l'étouffoir
Espérant anéantir l’animal caché dans ses entrailles

Il n'y a pas que le mal à extraire de sa vie
Servez-vous de vos pouvois de vos armes 
De votre innocence d'un peu de larmes
Pour lui voler son cœur combattre son esprit

Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre * 
Oubliez vos illusions prenez la position du bateau ivre
Soufflera alors le vent secret du bonheur
Un instant diabolique où le corps jouit et meurt



* « Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre. »
Ciatation d'Albert Camus

vendredi

Renouveau

Aujourd’hui
Je me présente
Je m’appelle Agapanthe
Mai mélancolie
Je ne suis pas une fleur
Ni même un cœur
Juste une plante vivace
En état de grâce
Mai dis-moi
Dis-moi pourquoi
Dis-moi pourquoi tu m’aimes
Et je serais en mode thème
Sans artifices ni haine
L’heure est pleine
Un plaisant stratagème
C’est pour ça que tu m’aimes
A la folie
Jour et nuit
T’aimes la solitude
La nature la plénitude
Le chaud le sable
La rime les fables
Mais lorsque ma fleur aura fleuri
Je perdrais alors la vie
Tu conserveras mes graines
Nos joies souterraines
Rejoindre un nouveau poème
C’est pour ça que tu m’aimes
A la folie
Jour et nuit
Mai mélancolie
Je m’appelle Agapanthe
Je me présente
Aujourd’hui

mardi

En attendant l'été

Il y a des jours monotones
Où l'humeur pluvieuse fredonne
Des chansons d'hier et d'aujourd'hui
Ma voûte solaire retrouvera-t-elle l'ouïe
Sur la berceuse d'une rivière joyeuse
Où la force cisèle ses traits d'amoureuse
Elle ressent le printemps ruisseler l'exil
Et ses yeux se déverser sur un amour encor fragile
Son regard effacera-t-il ce ciel gris
Pour déposer ses rêves sur un champ fleuri
Alors verrais-je l'été jouir à travers ses cils
En plein cœur de la vie l'air tranquille
Toujours le visage humide creusé dans une fleur
Vais-je la rencontrer sans attendre mon heure

dimanche

Voisin voisine

La fille d'à côté
Mesure
Le mec d'en face
Attend
 
La fille d'à côté
Mesure
Elle mesure son pouls
Sa tension artérielle
Elle mesure son poids
Ses heures de sommeil
Elle mesure ses humeurs
Le temps passé à ne rien faire
Ou se relie sur Facebook
La fille d'à côté
Mesure sa fracture

La fille d'à côté
Mesure
Le mec d'en face
Attend
 
Le mec d'en face
Attend
Il attend son heure
Le dernier grain de sable
Il attend le sommeil
Son billet pour quelque part
Il attend la belle sans la bête 
Le début d'une histoire
Ou gazouille sur Twitter
Le mec d'en face
Attend depuis longtemps

Et pourtant
Voisin
Voisine
Ils le sont
Chaque matin
Ils se croisent
Ils se croisent le trait triste
Sans se regarder
Ils se croisent les yeux rouges
Sans nuit blanche
Ils se croisent les lèvres cousues
Sans les découdre
Ils se croisent
Pour trouver les mots

La fille d'à côté
Mesure
Le mec d'en face
Attend

Et pourtant
Voisin
Voisine
Ils le sont
Chaque nuit
Ils rêvent
Ils rêvent de se réaliser
Sans rêver
Ils rêvent de choisir le bon moment
Pour tout recommencer
Ils rêvent de trouver une main
De la serrer fort
Ils rêvent 
De ne pas la perdre

La fille d'à côté
Mesure
Le mec d'en face
Attend

Et finalement
Voisin
Voisine
Ils le sont
En ce jour obscur
Ils se cognent
Ils se cognent l'un à l'autre
Contre le miroir fragile
Ils se cognent la gorge sèche
Le cœur palpitant
Ils se cognent le ventre noué
Le regard figé
Ils se cognent
Violemment

La fille d'à côté
Mesure l'amour
Le mec d'en face
Attend l'amour

lundi

En attendant l'autre


D'un mois à l'autre
S'élèvent mes vers
Si avril est derrière
Juillet sera le notre
Et mon cœur respire
Peu importe l'exploit
Peu importe l'endroit
Ses idées m'attirent

D'un jour à l'autre
S'affirment mes désirs
Hier était l'heure de fuir
Aujourd'hui elle se vautre
Et ses mains m'accompagnent
Peu importe le carrefour
Peu importe le détour
Ses rêves me gagnent

D'une minute à l'autre
S'inscrit l'amour
Apparait la belle-de-jour
Et ma joie s'offre à l'autre
Mes blessures sont parties
Peu importe le temps
Compte le présent
Nos cœurs sont réunis

mercredi

Contre-jour

Mes pensées s’enchaînent
Mes mains tremblent
Mon regard se fane
Et mon cœur se fend
J’aimerais tant partir
Rejoindre l'autre jour

Je sais la vie est unique
Et courte
Le temps passant un ennemi
Et parfois un ami
J’aimerais tant partir 
Rejoindre l'autre jour

Mon sang se fige
Ma chair survit
L’ennui m’envahit
Et le ciel m'engloutit
J’aimerais tant partir 
Rejoindre l'autre jour

Je sais la mort est unique
Et longue
Le temps passant un ami
Et parfois un ennemi
J’aimerais tant partir 
Rejoindre l'autre jour

lundi

Clarinette

Est-ce que je l’aime
La Sinfonietta de Chambord
De bâbord à tribord
Je navigue le cœur bohème

Elle réveille mon océan intérieur
Pour s'échouer à l’extérieur
L’équinoxe de printemps
Nargue le solstice d'été à présent
La pluie m’adresse une page blanche
Je vois l’oiseau poser sur ma branche
Il interpelle la rose rouge
Et tout bouge
A l’épicentre de mes vers
Parti de travers
Pour lui dire que je n’aime pas le gris
Même s’il me sourit
Pour lui dire que je n’aime pas les épines
Même si elle me taquine

Est-ce que je l’aime
La Sinfonietta de Chambord
De bâbord à tribord
Je navigue le cœur bohème

Elle me transperce les sens
Pour nourrir mon innocence
L’équinoxe de printemps
Nargue le solstice d'été à présent
Le soleil me recouvre la page jaune
Je vois la plume caresser ma faune
Elle réunit la branche à la fleur
Et c’est le bonheur
A l’épicentre de mes vers
Parti vers un bel univers
Pour lui dire que je l’aime aussi
Parce qu’elle me sourit
Pour lui dire que je l’aime à la folie
Parce qu’elle m’éblouit

Mozart: Clarinet Concerto: II. Adagio
http://www.youtube.com/watch?v=Z93WV_xk_bM

mercredi

Au cœur du peuplier

Ma peinture sur les murs
Amplifierait-elle mes murmures
Et si elle ne danse pas
C’est parce qu’elle chante
Et si elle ne meurt pas
C’est parce qu’elle me hante

Le bois de peuplier supporte la douleur
La joie les rires et les pleures
Le plâtre en mouvement le recouvre
Témoigne de la rage et me découvre
La figure du pinceau sculpte les mots
Les cris abstraits des animaux
Une nature morte en pleine prière
Et soulage le noir par sa lumière
Comme l’huile protège le tournesol
Et l’aventurier sa boussole

Ma peinture sur les murs
Sans artifices ni armures
Sous la grâce d’une jolie fleur
Allie la beauté à la laideur
La profondeur de ses couleurs
Exalte l’amour et les cœurs
Exhume les mauvais temps
Délivre un instant l'innocent
Emprisonné entre quatre murs
Et amplifie ses murmures

Ma peinture sur les murs
Répondrait-elle à nos murmures
Et si elle ne répond pas
C’est parce qu’elle questionne
Et si elle ne réfléchit pas
C’est parce qu’elle rayonne

lundi

Un billet aller-retour

Un cœur bohème  
Une plume un poème
Une voix une émotion
Une fleur une chanson 

Il respire son souffle
Ecrit des vers
Sur ses yeux saphir
Colle des mots partout
Efface ses heures folles
Envoie des milliers de texto
Et déchire le jour
Rejoindre l’amour

Un cœur bohème
Une plume un poème
Une voix une émotion
Une fleur une chanson

Elle s’épanouit à sa lumière
Chante des sentiments
A l’orée de ses tempes
Décolle ses mots doux
Caresse ses cheveux
Crie l’espoir par millier
Et danse la nuit
Attendre l’amour

Un cœur bohème
Une plume un poème
Une voix une émotion
Une fleur une chanson 

Il envoie un dernier SMS
Elle reçoit un dernier SOS
Elle pose ses doigts dessus
Dans un état de stress
A fleur de peau
Il revient par le même chemin
Ils s’offrent entièrement
Pour un nouveau départ

Un cœur bohème
Un gars un poème
Une voix une émotion
Une fille une chanson

dimanche

Fragilité amoureuse

Chaque nuit nous nous envolons  
Et nous chutons dans le lit
Ai-je perdu la tête  
Chaque nuit nous nous perdons
Et nous atterrissons sur le tapis

Vous m’embrassez pour m’endormir
L’enfant chercherait-il l’avenir
Toutes ses choses somnolentes
Me disent de ne pas partir
Jusqu’au jour suivant
Trouverais-je ce que nous avons fait
Ce que nous avons dit

Chaque nuit vous me murmurez
Etions-nous tous les deux dans ma tête
Chaque nuit vous me réchauffer la peau
Chaque nuit  je vous caresse les cheveux
Mais vous n’êtes pas vraiment là

Mais l’amour enveloppé dans nos bras
Il me semble
Lui seul sait qu’il grandira

L'armoire secrète

En fouillant l’armoire
J’ai traversé le temps
Des souvenirs s’impriment
Une lettre au fond d’une boite
Respire et m’invite
Je la vois avec son sourire timide
L’amitié serait-elle mortelle
Tu joues avec la vie
Tu joues avec moi
De peur que je ne te connaisse mieux
Tu m’hypnotises de tes rires insaisissables
Pour dissimuler tes larmes

Je referme l’armoire
La nuit retombe sur nous

Je l’ai rencontré à la ferme
Dans une basse-cour psychiatrique
Où nous parlions de nos soucis
Où nous écrivions des poésies
Pour exorciser le mal être
Nous en sommes sortis
Un jour de pluie
Sans savoir pourquoi
Et à ce moment-là
Nous nous sommes réunis
Pour apprécier à nouveau la vie
Nous avons eu des crises
Nous avons eu des instants fous
Nous les avons modéré avec le temps
Il est vrai qu’aujourd’hui
Nous sommes différent
J’écris des banalités
Pour refaire jaillir notre passé
Je la vois avec son sourire timide
L’amour serait-il mortel
Loin la jalousie la bagarre
Au début nous nous aimions
Ce plaisir n’est plus quotidien
Parce qu’il a épuisé nos mains
Nos rêves nos lèvres
Ainsi que tous nos lendemains
Et les mauvaises habitudes se sont installées

Nous nous disons des banalités
Pour refaire jaillir notre passé
Fréquemment évoqué
Je t’ennuie avec l’écriture
Mais c’est le seul chemin de retour
Pour apprécier à nouveau la vie
Croyons à l’amour
Même si c’est une source de douleur
Ne refermons pas l’armoire
Le cœur n’est pas fait pour juste donner une larme

jeudi

C'est du joli

La première de la classe préparatoire
A la conquête du plus beau suppositoire
Après la grande marée d’algues vertes
L’euthanasie a permis d’atomiser ses pertes
Après avoir flirté avec un Hypokhâgne
Elle domine et nique comme Gengis Khan
Les pieds Gay-Lussac du Père Noël sang mère
Danse les poumons plein gaz sans en avoir l’air
Les lunettes rouges au bout du blair
Ne lance-t-elle pas un mea culpa
En direct d’ici ou déjà de Victoria
Je ne suis pas formatée comme les autres caméléons
Finira-t-elle après l’élection
Miss coco-fesses

Et c’est avec délicatesse
Au creux de ses épaules nues
Qu’elle déposera ses plus doux baisers d’ingénue
Bien plus doux que les ailes d'un papillon
Sur le front international des Huns
Et des autres saturnins et politiciens
Elle effleurera du bout de ses doigts
Sa peau de soie plus douce qu’un duvet de Gaulois
Plus parfumée qu’un sachet de thé vert
Dont elle ne peut plus se passer

Et c’est avec délicatesse
Entre confesse et coco-fesses
Au creux des oreilles velues
De ses animaux parvenus
Recouverts de shetland
Qu’elle passera ses vacances en Hollande
Sans la « Corrézienne » battre la campagne
Boire enfin une coupe de champagne
Voir les moulins à vent
Pour humer les saveurs d’un autre temps
Où le blé servait à faire du pain
Et non pas d’élever des impolis techniciens


Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coin-coïncidence.
Victoria : Capital des Seychelles.
Coco-fesses : Nom de la noix double géante du cocotier de mer.

mardi

De l’eau dans le gaz

A l’aurore les yeux champêtres
Suis-je toujours cet aborigène
Heureux de fouler le sol de mes ancêtres
Ma page blanche manque d’oxygène
Mes coquelicots de soleil
Et ses racines d’eau
Ma toile blanche s’éveille
Sous l’universel pinceau
Ses pétales pourpres résistent
Sous ma peinture
Mon horizon craint les fractures
Sous mes pieds s’excitent
Le gaz de roche-mère

Et le roi du gruyère
A l’odorat avare et alléché
Tient dans son bec aiguisé
Un formidable carnage
De tristes images 
Empoisonne la terre
Pollue la mer
Le puits épuisé
S’agite à côté
Un nouveau forage
Sous un gris nuage

Meurt sur terre au bord du puits
Mes coquelicots rubis
Meurt en mer au fond du puits
Mes algues bleues nuit
 
Le gaz de roche-mère = le gaz de schiste

samedi

Mon regard a besoin

Mon regard a besoin
D'un sourire sincère
Pour embrasser la mer
Ses amertumes ses colères

Mon regard a besoin
D'un vol de cigogne
Pour contempler la montagne
Ses sommets ses cocagnes

Mon regard a besoin
D'un jardin en fleur
Pour respirer le bonheur
Ses douceurs ses odeurs

Mon regard a besoin
D’un tour d’horizon
Pour semer l’abandon
Ses silences ses collisions

dimanche

L'appel de la prairie

Derrière la porte
Une prairie de coquelicots rouges vifs attend la diligence
Pour effacer les jours blancs
Et par les temps qui courent
Où l’on préfère jouer au poker qu’aux échecs
J’aimerais que le bon sens soit la chose du monde la mieux partagée
Et je me pose cette question
Vais-je davantage commenter vos poèmes
Vais-je avoir vos faveurs
Ou bien alors vos fureurs
Le temps m’imposerait-il cette ironique course folle
Où l’on préfère jouer au poker qu’aux échecs
J’aimerais que le bon sens soit la chose du monde la mieux partagée
Et je me pose une autre question
Vais-je continuer à aimer la vie
Comme si j’étais un homme heureux qui aime écrire de la poésie
Où mes repères sont de communiquer avec le monde invisible
Histoire qu’ils m’indiquent les meilleurs chemins à prendre
Comme si j’étais un homme tombé de nulle part
Où mon destin est de redonner à la vie un sens aux âmes oubliées
Histoire d’avoir servi l’amour sur cette prairie abandonnée

Pâques

Le vent s’est levé
Les cloches sonnent
Les œufs fleurissent
Au milieu des crocus
Les enfants cherchent
D’un bout à l’autre
Du pré vert tacheté
D’une langue de neige
Bordé par une haie d'épicéas
Une giboulée de printemps
Recouvre tous ces cœurs
Les paniers sont pleins
Les bouchent s'amusent
Et attendent une prière

jeudi

La pluie sème-t-elle l'amour

Ce matin il pleut
Et le scintillement d’une goutte d’eau m’éblouit
Du miel de fleurs sauvages recouvre mes tranches de pain
Le ruisseau de ma vie brille à nouveau
Au son de tous tes murmures
Le sentier de mes rêves
Dans les aubes de tes arabesques
Dessine notre destin
La pluie est un chant d'’amour

mardi

Un voyage un recommencement

Il y a des moments où la jalousie détruit 
Tout ce qu’elle a créé
En plein jour en pleine nuit
Serais-je capable d’approuver cette idée
Folle ou calculée
Peu importe le côté manichéen ou enfantin
De toute façon construire du neuf sur le passé
C’est bâtir du vide sur du rien

Et si je repartais en voyage
Pour voir défiler à nouveau l’avenir
En technicolor à bord d'un nuage
Comme dans le reste de la vie
Le plaisir
Paierait-il ma nouvelle énergie

Et ne tuons pas les nuances
Car nous tuons en même temps
Notre liberté
L'appétit de créer d'aimer

Un voyage un recommencement
Avec amour et reconnaissance

samedi

Allergie

Court-elle
Vers le jardin des joies promises
La chanson murmure
S'élève
Comme un nuage bondissant
Derrière l'étang des cols verts
Où leurs plumes dessinent des ronds dans l'eau
Au-dessus de la forêt de bouleaux
Où leurs pollens tracent des arcs dans le ciel
Au-delà de la colline aux cyprès
Où le retour du beau temps apparaît à chaque note

Et moi doucement cajolé
Le cœur déjà comblé
J'hésite
En cette pause du temps
De m'allonger
Car le signale des pollens à mes narines
D'éternuer
M'a ensorcelé
La mauvaise note
De voir revenir le mauvais temps
Et de voir partir la chanson douce
Me pend au nez

jeudi

Quand la nuit rencontre la lumière

La nuit vacille
Hésitante
Elle titube
Ivre d'obscurité
S'accroche sur les toits
Et s'effondre sur le trottoir
Ses rêves sont peuplés

De pas qui dansent
Et le jour l'ennuie


Jolie plume d'Aiguebelle
Orageuse anticonstitutionnelle
Cette belle de nuit me cogne
Sans soucis ni vergogne
En plein jour par erreur
L'iris de mon cœur
Son supplice me déverse
Sa fulgurante beauté
A la douceur fruitée
Elle me bouleverse
De sa verve poétique folle
Serait-ce l'osmose attendue frivole
De ma prochaine lyrique envolée
Où mes rêves seront peuplés
De ferveurs universelles
De rayons de sel
D'amer citron
D'invisibles horizons
Au paysage de feu où brûleront mes cris
Et leurs cendres s’effaceront
Au paysage de glace où se conserveront mes écrits
Et leurs mots s'entrelaceront
Au pays nocturne où je m'éclairerai par bonheur
Dans son cœur

Allons enfants (suite)

Quand la jeunesse des quartiers côtoie jean-foutre 
Parce que la France les a laissé tomber faute d’arbitre
Parce que les parents n’ont plus la main assez forte
La religion la violence l’intolérable  les emportent
Le plus rapide pour se faire connaître sans effort
Et pour aussitôt disparaître avec la fleur au more
Dans la nuit ou en plein jour sans gloire ni fortune
En rappant  la sonate de Beethoven « Clair de lune »

L’acte ultime ne serait-il pas de brûler tous les symboles
Elaborés sur les bancs d’une assemblée devenue molle
Avec sa plume son briquet pour mimer le coq et la poule
D’insulter provoquer et cracher au milieu de la foule
De se faire filmer en train de violer la belle Marianne
D’enfariner un adepte ligaturé d’une tromperie hooligan
De maniérer le bien-pensant sur un plateau télévisé
De casser la gueule d’une dent blanche a l’esprit entartré
Et d'envoyer la vidéo sous-titrée « Aljazeera » sur Youtube
En récitant en Javanais la langue rappeuse un poème
Nous sommes les envoyés de Dieu « On vous aime »
Pour conclure ce pamphlet  insalubre « On vous entube »

 La nuit est belle sous la lune avec mon amoureux
J’aimerais être libre d’aimer l’homme heureux

L’acte ultime ne serait-il pas de penser à l’au-delà
Ils peuvent toujours attendre le messie ici ou là
Pour écrire une nouvelle genèse sur le bien et le mal
Je me demande si je ne vais pas me faire la malle
D'ailleurs l’auteur du prochain tube est un prophète
Serait-ce encore un homme une femme ou un hermaphrodite
Sera-t-il invité dans le quartier à la salle des insatisfaites
Pour faire la première partie d’Apollon et d’Aphrodite
Dans l’espoir d’amarrer quelques beaux riches hommes
Pour oublier la file d’attente de la « sécu » des prud’hommes
Pour ne plus lire toutes ces recettes de mayonnaise
Ecrites par des ombres politiques toujours aussi à l’aise

Ne vous bousculez pas pour contempler la Joconde
Il n'y aura pas assez de chair pour tout le monde
Vous pouvez toujours essayer de vous agripper
En changeant de gant ou l’enseigne de votre banquier
Ces gens-là monsieur madame sont comme la Joconde
Des pâles copies d’un autre monde
De toute façon vous n'étiez pas préparé
Vous préférez les fées des beaux-quartiers
Impossible de vous perdre dans la foule
Même recouvert d’un peignoir en pied-de-poule
D’avoir mal aux orifices aux pieds au bide
D’avoir trop marché le sexe à l’air la langue avide

Ne vous bousculez pas sur Rosemonde
Il n'y en aura pas pour tout le monde
Vous pouvez toujours essayer
En faisant semblant de la baiser
De toute façon vous n'étiez pas concerné
Vous préférez dire des conneries édulcorées
La tête penchée à la fenêtre avec Henry Poincaré
Impossible de vous perdre dans le chaos de la foule
Quand la police ironise du caillou avec les cagoules
D’avoir l’estomac plein de cernes sous les yeux
D’avoir trop vomi le regard à l’iris sirupeux
Mais de quoi parle-t-on ai-je perdu la raison
Habitons-nous encore tous dans la même nation

Envole-toi vers le vrai avec les ailes d’un désir fou
D’aimer la vie librement un point c’est tout

mercredi

1 2 3 soleil

Printemps serais-je assis
Attendant la pleine lune
Sentirais-je mon âme
Parlant à la terre
Sentirais-je l'énergie
Dans ce tourbillon de folie
Essayant de m'aider
A nettoyer le désordre
Autour de moi
J’écris de la poésie
Des feuilles volent
Cette infanterie légère
Ballait et occupe le terrain

Printemps serais-je allongé
Cloué au sol
Les bras en croix
Commençant à voir des images
Des images
De mes images passées
De mon présent
Des images de mon avenir
Autour de moi
J’écris de la poésie
Des feuilles volent
Cette infanterie légère
Ballait et occupe le terrain

Printemps serais-je endormi
Les yeux ouverts
Lisant des questions
Sur le sang qui coule
J'ai reçu les réponses
Permettant à mon fardeau de se dissiper
Je vois la dissipation la duperie
Remplacer par l'amour
Eclairer la paix l'honnêteté
J’écris de la poésie
Des feuilles volent
Cette infanterie légère
Ballait et occupe le terrain

lundi

Une journée pas comme les autres

Serait-ce un heureux jour de printemps
Vivrais-je un moment de vie indescriptible
Fenêtre entrouverte à la douceur
A la lumière blanche et printanière
Au cri de rut d’un « ruit… pchuîît »
J’écoute le chant vigoureux d’un pinson
Perché là-haut le dos brun-noisette
Sur la plus grande branche du chêne vert
Le pinson mâle a la gorge rosâtre
Au front noir guette la femelle
Au plumage brun-olive virevolter
Au-dessus des buissons du jardin
Où les roses attendent les beaux jours

Serait-ce un heureux jour de printemps
Fenêtre entrouverte à l’harmonie
L’eau fraîche de la fontaine rigole
Le soleil n’a pas encore percé la haie
Des pétales agrémentent le vase rouge
Il repose sur le rebord de l’escalier en pierre
Il est encore vide dans son cœur
Juste léché par la rosée matinale

Serait-ce une journée pas comme les autres
Fenêtre entrouverte sur l’horreur
L’indescriptible a encore frappé
Ce matin dans une rue un attentat
Sur le trottoir devant une école
Jonchent des enfants des innocents
Une nuque rouge baigne dans son sang
Doit-on fermer toutes les fenêtres
Ou les ouvrir pour écouter tous ses cris
Désespérés écœurés pour oublier et prier
Doit-on juger l’homme dans son enfer

jeudi

Antarctique

Nous ne sommes jamais loin l'un de l'autre lorsque la nuit s'allonge à l'abri du froid polaire.
Et quand les esprits s’illuminent, nos corps s'éclairent et transpirent.
Mes yeux se ferment.
J'imagine la cheminée qui crépitent, les flammes qui lèchent la paroi en vitrocéramique et reflètent dans la grande baie vitrée la vie qui se consume. En même temps, j'imagine les centaines de stalactites alignées au bord de la toiture chanter gouttes après gouttes l'apparition des premiers rayons printanier.
Étendus sur le lit défait, encore humide, nous nous posons des questions que nous pensons existentielles.
Au même instant, au large à travers la baie, des baleines à bosses chantent pour la migration.
Elles dansent le dos gris foncé avec une bosse en avant où un aileron dorsal s'émancipe dans les airs et magnifie cette caricature de légèreté et de puissance.
C'est un mammifère marin et comme tous les mammifères, elle a des poumons, le sang chaud et elle allaite son petit.
De décembre à fin avril, elles se trouvent en Antarctique. Pendant cette période, elles se nourrissent principalement de petites crevettes qu'elles consomment en très grande quantité. Elles font des réserves de graisse car il semble qu'elles ne se nourrissent plus les six mois suivants.
Nous sommes là, nous aussi, mais au lieu de se nourrir, nous brûlons les graisses de nos interrogations comme « s'aime-t-on vraiment ? », «vais-je trouver du travail ? » ou bien le terrible et prématuré « suis-je passé à côté de ma vie ? » et nous creusons des sillons à travers nos esprits.
Ces pensées récurrentes posent des jalons.
Nous sommes dans une époque en manque de repères, nous nous en créons, nous sommes des drogués de la référence, de l’exemplarité, ces questions nous donnent un but à atteindre. Mais lesquelles aimerions-nous vivre réellement si nous ne voulons pas lâcher les amarres et suivre l'itinéraire déjà écrit ?
Comme les baleines a bosses après l'hiver qui viennent dans les eaux de l'Océan Indien remontent le long des côtes de l'Afrique du Sud par le canal du Mozambique pour arriver à Mayotte ou bien se dirigent à l'Est vers Madagascar. Ce voyage dure environ deux mois.
Serait-ce le temps qui nous reste à vivre avant de changer de cap ?

Nous ne sommes jamais loin l'un de l'autre lorsque le jour nous écoute. Et quand les cœurs chavirent nos âmes fulminent et les vers tendres rampent.
Toutefois, peut-être que tout cela est superflu ; ce sont les épreuves, les malheurs, les catastrophes qui nous révèlent. C’est la vérité ou une séquence très courte de la vérité ; dès lors les questionnements ne sont plus importants, on est dans sa catastrophe, le voile ontologique se déchire, on se découvre un peu comme ses baleines a bosses qui derrière leurs apparences indestructibles révèlent des mammifères qui se posent les mêmes questions que nous.
Les raisons sont différentes mais la conséquence est identique, comment survivre ?

Nous ne sommes jamais loin l'un de l'autre pour assister à la rencontre de deux ambidextres.
Etendus sur le lit épuisé d'avoir trop pensé. Aimons-nous car le temps nous est compté.



http://www.youtube.com/watch?v=Er5T9JIoF5E&feature=player_embedded

lundi

Soufflerait-il un vent d'amour

Le vent a poussé les nuages gris
L’ombre de la pluie a couvert le plafond
De la chambre bleue
D’un bout à l’autre
La neige a tapissé le parquet
D’un cristal noir

Et si le ciel orageux crie encore
Juste pour sentir le goût du vent
J’irai souffler alors mon amour pour vous
Jusqu’à la pointe du raz
Par le sentier des lutins

A la porte vous m’attendrez
Le regard éveillé
Les yeux écarquillés
Et le pied fragile sur l’ardoise

L’humide vent d’ouest se met en marche
S’insurge à travers la maison
Pour jouer de la cornemuse
Avec les rideaux de mes pensées
Personne ne sait d’où il vient
Il mène de folles danses
Dans le couloir du temps qui s’écoule
Où les feuilles des murs frémissent
Sous son souffle furieux
Il s’invite et repart sans rien demander

Le moment est venu de nous abandonner
Car le vent a le goût de l’amour
Un pur courant d’air
De chairs et de caresses
Sur lequel nous nous échouerons

mardi

Enfants d'Homs


L’œil perçant
L’enfant voit
Sur un toit
Une émanation du peuple 
Un militaire
Un frère
Un père 
Tirer
Aveuglément
Le cœur absent
Sans rien dire
Sur un révolutionnaire
Un frère
Un père

Et son âme ruisselle
Solitaire
Sur un mélange de terre
Et de sable mouvant
Le vent se lève
Avec le soleil qui se couche
Des rafales balayent le sol
Est-ce pour noyer l’horreur
Ou recouvrir son cœur
Ou un simple itinéraire liquide de son destin
Un transport d’ombres
Une vague de folies
Lentement descendue
Dans le lait rouge d’un cauchemar

L’enfant dans la réalité de sa condition
S’enfuit autrement
Penchant ses ailes
Dans sa légèreté
Pour s’évader de cet enfer
En sautant dans le vide
Et par les caprices confiés d’un coup de vent
Par la grâce insoluble
L’auréole aoutée d’un nuage
Le renvoie vers sa mère

**********

L’enfant n’attend rien mais c'est très symbolique pour lui de savoir qu'il y a des gens dans le monde qui pensent à sa mère et à lui. 
Ce qui se passe en Syrie est horrible. 
Bougeons-nous, car l’oubli est une démarche intellectuelle qui n'arrive jamais jusqu'au cœur.

jeudi

Au milieu d'une divine comédie

Je me retrouve dans un labyrinthe obscur dont la ligne la plus courte n’existe pas.
Je ne sais pas pourquoi.
Je ne trouve pas le sommeil.
Ai-je soif d’infini au milieu du chemin de ma vie ?
La terre est devenue ronde.
Alors comment ne pas tourner en rond ?
Les ombres se font plus intenses, et désormais, la lumière est grise sur la prairie solitaire.
Elle m’interpelle.

Et doucement, je reviens sur mes pensées.
Je ne sais pas pourquoi.
Je reste allongé immobile.
Je ne dis pas un mot.
Je pense à une journée froide d’un temps révolu.
Je ne sais pas pourquoi.
Le ciel est couvert d’un voile de mousseline d’étoiles voyageuses.

Depuis peu, le diable s’habille en ocre
rose et noir, et ne réside plus au centre de la terre, mais sur une île volcanique et déserte à l'abri d'un autre temps.
Et par-delà les frontières imaginaires, sachez qu’un courant d’air qui marie une ocre rose d'Italie et une terre noire d'Inde donne naissance à de très beaux
violines.
Je sais pourquoi.
Il n’en reste pas moins que le résultat peut être infini selon la conjugaison et la quantité des éléments; quoiqu’ils disent, quoiqu’ils fassent; ils se mélangent, malgré la distance qui les sépare.
Je ne sais pas pourquoi.
Et dans toutes ces turbulences terrestres, c’est dans ce chaos d’humilité irréversible, que cette nouvelle couleur violine apparait dans ses plus beaux habits de lumière.

Juste pour dire que dans la nature tout est possible.

Sur le fil mince du temps, tous les dogmes, peurs et fantasmes accumulés, parodiés et initiés par le culte ou la bien-pensante greffe, s’effaceront-ils avec raison ?
Si nous les diluons avec sagesse et amour, avons-nous besoin d’un visionnaire aveugle, d’une loupe ou d'une apocalypse ?

Cette réflexion frappe les façades les plus pâles et les plus noircies de cette grande maison en terre crue sans signes distinctifs.

L’envie d’ouvrir l’immense porte en bronze sculptée vers une divine comédie, pour laisser pénétrer la lumière, me brûle les sens; et par incidence, je cherche la clé dans la poussière d’un sol devenu difficile à fouler librement sans mettre un pied en enfer ou un genou à terre.
Et si la porte s’ouvrait elle nous écrirait cette poésie :

« Sans lumière
Il n’y a pas de couleurs
Sans couleurs
Il n’y a pas de gaietés
Sans gaietés
Il n’y pas d’espoirs
Sans espoirs
Il n’y a plus de vie

La lumière donne tout
Sans
discriminations ni oxymore
Bleue ou rouge
Elle ne blesse jamais son ombre
Et ne cherche rien en retour

La lumière dans une lanterne
Ne demande jamais
Si vous êtes un ennemi
Ou un ami
Et ne se renie jamais
Même si la bougie
Parfois vacille
Même si le soleil
Parfois se cache
Même si les étoiles
Parfois ne brillent plus

La lumière ne nous quitte jamais
C’est nous qui la quittons
Donnant tout ce qu’elle peut donner
Alors que l’homme prend tout
Ce qu’il ne peut pas donner
La lumière ne perd jamais
Quant à l’homme
Jamais il n'aura le mot de la fin. »

Et le monde attend les éléments pour voir fleurir l’espérance et se forger la clé des champs.
Le vent finit de laver les nuages gris.
La pluie termine d’éteindre l’enfer.
La neige embellira les cimetières.
Le tonnerre annonce les bonnes nouvelles.

Le soleil nourrit la peau du sol, les arbres des villes et les prairies des campagnes.
Et au milieu de cette divine comédie, j'aperçois un champ de coquelicot, d’amour et de liberté nourrissant mon âme mes rêves.

mercredi

De Samira à Marie-Sarah


Viens Marie-Sarah
Et tu verras
Où ma cité m’a créé
Où mon père m’a abandonné

« Alt » vos papiers s’il vous plaît
Délit de faciès
Chère princesse
« Alt » vos papiers s’il vous plaît
Délit de zèle
Chère Gazelle
Et je sors mon clavier
Vol à la tire d’un numérique
Pour le balancer dans le gravier
Je kiffe la gueule du flic
Avec son flingue en or
Encore un con qui m’adore

C'est un hold-up trop tard
C’est la prison sans case départ
Tes effets personnels
Tes lacets tes « Camel »
Assise couchée dans la cage
Sans escalier ni nuage
J’ai appris à me cacher
La tête violette et oranger
Derrière les barreaux de mon lit
Pour revoir la vie en vie
J’ai appris à me suicider
Au cœur de la collectivité
Pour ne pas oublier
Qu’à l’extérieur je suis cramée
Et qu’ici
On est juste à l’abri
De l’acide et de la pluie
Accro à l’Extasy

C’est le jour du parloir
Tu ne veux pas les décevoir
J’ai la honte trop tard
Et la haine sans crier gare
Debout accroupie dans la cage
Sans volets ni trucage
J’ai appris à parler
Conjuguer sans jurer
Pour attraper au vol
Au creux d’une parabole
Une étoile pour m’évader
Sans hurler ni papier
Retrouver le cœur de ma vie
Sans illusions juste mes soucis
Renaître sans perdre mon passé
Pour ne pas oublier
Qu’à l’extérieur
Je ne suis qu'une feuille-morte
Et qu’ici ou ailleurs
C'est l'humiliation derrière chaque porte

« Alt » vos papiers s’il vous plaît
C'est le jour de la sortie
Le fameux jour J
« Alt » vos papiers s’il vous plaît
Je m’appelle Marie-Sarah
Ne tirez pas
J’ai appris le langage des signes
Sur votre clavier comme consigne
Je suis rentrée dans le moule
Et je me confonds désormais à la foule
Je vais vous le réciter
S'il vous plait écoutez

Viens Samira
Et tu te rappelleras
Où la machine m’a condamnée
Et l’amour un jour m’a sauvée

*********************************************************

Ctrl alt suppr j’efface mon profil
« Alt » يوقع على الرجاء
De Samira à Marie-Sarah

vendredi

Une vie en compte-gouttes

Le soir tombe comme ses paupières sur la misère de ses rêves. Elle s’injecte. Elle regarde les gouttes d'eau glissées sur la vitre de son vaisseau et voit partir sa jeunesse dans les étoiles.

Et dans la matinée, il descendra jusqu'au cimetière pour être sûr qu’elle est vraiment partie; pour être sûr qu’elle n'aura plus mal et qu’elle puisse reposer en paix ; pour qu’elle puisse être là où elle voulait être et pour ne plus vivre les pires moments que la vie lui a offert.

Et il a ouvert toutes les portes, pour voir si elle n’était pas cachée derrière; il a ouvert toutes les fenêtres, pour voir si elle était perchée dans un arbre, pour voir si elle était allongée près d’un coquelicot.
Au bout du chemin qui paraissait si long, son destin s’est échoué au pied d’un mur de glace un soir d’hiver.
Et il dépose ses mains sur son clavier azerty où ses doigts composent cette prose, des allées et venues d’un petit soldat dactylo amateur sans fusils, juste armé d’un coquelicot sur le canon de son cœur.

Et il écrit comme écrit la pluie sur la neige, des sillons en forme de partitions musicales :

« Est-ce l’écho de ta voix aux alentours
Que j’entends au lever de ce petit jour
La fenêtre ouverte à la bise d’hier
Caressant sur toute cette chair
Une fleur douce encore séduite
Au creux d’une lueur du temps en fuite
Est tristement seul et givre
Ne faut-il pas être toujours ivre
De vin de soleil d’amour de poésie
Avant que le verbe s’enfuit

Est-ce l’overdose d’une alchimie d’âmes
Entre un diable souverain et une femme
Entre un tragique destin
Et une culture du chagrin
Entre un cœur sanguin
Et une fleur perdue enfin
J'attends près du parchemin
Un message de ma belle amie en vain

A-t-elle dressé l’oublie
Serait-elle vraiment partie
Elle m’envoie un roseau
Avec la pointe taillée en biseau
Et de l'encre rouge
Dessinant des rayons infrarouges
Sur le pré qui nous sépare
M’enverrait-elle une herbe rare »

Agoniserait-elle dans un bouillon de sang et de souffre empoisonné ? Des lucioles et des sirènes encadrent l’écoulement pourpre dans son bois de rose ouaté de satin blanc.
Le monde pour elle s’est-il arrêté au fond de cette impasse, sous le chapiteau de la fresque de la tombe du plongeur ? Tous les mauvais scénarios conduisent à la rupture; tous les mauvais jours resteront sous la neige.

Une vie en compte-gouttes fini par un saut vers l'inconnu ou la mort.

mardi

Intersection

Pour tracer une ligne dans le vide
Ne faut-il pas deux points peu importe le sens
Sous la passerelle des invalides
Ne coule-t-il plus l’innocence

Et la lune s’habille et brille
Le long de ses bas résilles
Dans son fourre-tout
Rien n’est clair tout est flou
Et vient la nuit éclate l'heure
Les jours s'envolent je demeure
Et cherche l’amour en rond
Assis debout comme un électron
A la fois elle s’entête
Et chante l’absence à tue-tête
Vais-je venir à bout
Où serais-je devenu fou
Tout s’en mêle
Bien qu’elle se démêle
La main dans la main
Restons face à face ce matin
Pour tracer une ligne dans le vide
Ne faut-il pas deux points peu importe le sens
Sous la passerelle des invalides
Ne coule-t-il plus l’innocence
Et ses cheveux noirs aux reflets roux
Danse dans l’ombre jusqu’à ses genoux
Elle me sourit tout à coup
Et je tremble de partout
Une idée filtre le long de son cou
Et son parfum m'enivre le bon goût
Pour tracer une ligne entre elle et moi
J’en veux encore intense et surmoi
Il a fallu plusieurs ronds-points
Pour trouver l'amour juste à point
Du sang sur les lèvres
Qu’en pensez-vous
Aurais-je attrapé la fièvre
Suis-je vraiment fou

Pour tracer une ligne dans le vide
Il faut deux points peu importe le sens
Sous la passerelle des invalides
Il ne coule plus l’innocence

lundi

Hiver cruel

L’hiver glacial congèle l’auxine
Ses tristes feuilles mortes dévoilent ses épines
Réchauffe la désespérance
Ressuscite les incohérences
Sous la neige le silence est l’acmé du roi
Une parodie sourde sans nom ni voix
Exhume l’endorphine
Une symphonie pastorale d’une orpheline
Éveil les sentiments
Démoralise la léthargie des exposants
Éduque la conscience malheureuse
Restaure l’ordre de la nature précieuse

Et à la lueur d’une bougie dans une catacombe
Devons-nous dévorer nos jambes
Pour obtenir l'énergie de marcher
Devons-nous dormir à la belle étoile
Pour déloger les esprits à briller
L’hiver deux mille douze est cruel

L’hiver glacial congèle l’auxine
Ses tristes feuilles mortes dévoilent ses épines
Enlumine la nuit et le jour
Deviendrait-il aveugle à l’amour
Cristallise la nuit le vide en drame
Tourmente le jour le cœur des Hommes
Après être devenu sans pitié ni secours
Nu de confort il souffle le manque
Montre des cris sous l’abat-jour
Vit sans état d’âme ni billet de banque
La glace a-t-elle une extinction de voix
Car la neige rend l'ignominie esthétique sans toit

Et à la lueur d’une bougie dans une catacombe
Devons-nous dévorer nos jambes
Pour obtenir l'énergie de marcher
Devons-nous dormir à la belle étoile
Pour déloger les esprits à briller
L’hiver deux mille douze est cruel

*********************************************************************************

http://www.dailymotion.com/video/xblgbo_le-sdf-mort-de-froid-land-art-ephem_creation

vendredi

Café


Mon désir de café est si fort que je ne peux pas le freiner. Je peins et j’écris des heures durant et même davantage et je perds toute notion de temps et d’espace, voyageant à travers les horizons d’un monde imaginaire. C’est un monde plutôt étrange, mais je m’y sens bien.

Où la porcelaine danse en robe blanche
Comme la peau d'un nuage au bout d'une branche
Volupté éparse d'un sucre roux en poudre
Savoureuse semence d'un coup de foudre
Fruit rouge et noir de l'arbre à la torréfaction
Passage d’un arôme délicat à la diablerie sans concession
Chaud et ténébreux baignant sur une langue camée
Un enfer au royaume d’une terre brûlée
Léger et pur comme un cœur en louange
A la musicalité d’une tempera sauvage
Doux et crémeux flirtant sur la surface du monde
Comme la vapeur d’un filtre d’une création féconde

Et je vois en premier un paysage nocturne chargé de brume illuminée de lueurs incandescentes, autres forces actives de la nature; et les rives, d’abord fort étroites de mes yeux, s’élargissent. Le second montre des océans tumultueux au-dessous d’une épaisse atmosphère zébrée d’éclairs violents propices, une fois encore, à la genèse de la vie; et je dessine des nuages d’argent, des flocons de filigranes couleur café, de pâturages en sucre blanc. Il neige encore et je termine mon café équitable.


**********************************************************************************

Pub sans doute pas très équitable mais esthétique !
What else /George Clooney et John Malkovich.
http://www.youtube.com/watch?v=23j1B4-lroM&feature=player_embedded

mardi

Exposition avant-gardiste


Un flocon deux flocons trois flocons
Des milliers de flocons
Planent et m’offrent le tournis
Frôlent mon cœur engourdi
Et mes lèvres asséchées par le givre
Me ferment les yeux et les ouvrent
Et je vois une femme en cire
Coulant sur l'échelle du temps
Sans talons aiguilles ni cuir
En filigrane bécotant
L’armure d’un prince charmant
Sans élan ni amour fulgurant

Est-ce une photo de vous
Ou
Une peinture de « Fernando Botero Angulo »
Assise nue à l’aval d’un ruisseau
Est-ce du Land Art
Ou un abcès Pop Art

Assisterions-nous à un remake
A une biographie existentielle d’un mec
Ou d'une girafe à la veine glacée
Brodée d’une langue blanche écœurée
Assistée d'un macchabée ligaturé
Ou d’un vieux macramé
Recouvert de tatouages en délire
Juste pour vous dire
Qu’il n’y a pas d’amour heureux
Quand une femme ronde dissimule son cordon-bleu

Alors dessinons-lui une bouée
Autour d’une taille édulcorée
Comme vous êtes en photo
Bien plus moderne
Qu'une fresque de « Fra Angélico »

Et de cette prouesse sans peine
Ne vous cachez plus
Dans votre cœur le froid n'est plus
Il neige encore
Replongeons alors
Dans le merveilleux
Sous ses flocons
Recouvrant tous vos jours malheureux
Partez vous réchauffer sous l'édredon
Danser à travers la ouate
Les décibels et les watts

dimanche

Oblique

A droite
Elle
A gauche
Lui
Au milieu
Serait-ce le vide
Une perte d’équilibre
Par cet après-midi
Gris
A droite
La mer
A gauche
Le ciel
Et face à nos yeux
Des vagues et de l’écume
Des nuages et des flocons
Duel entre la verticale et l’horizontale
Dans un délire futile
Comme tout est simple et étrange
Etendue sur le côté droit
Allongé sur le côté gauche
Ombrelle et parapluie
Je me désintéresse du paysage
Et je ne pense qu'à des choses très coquines
Très coquines et très heureuses
Comme mon regard
Verticalement
Horizontalement
Perdu au milieu de nulle part
Et au centre de tout
De gauche à droite
Je vais et je viens

lundi

Songe oligotrophe


Ô Verlaine sous le coquard de ta lune blanche
Devant la porte gardée par ce colosse Cerbère
Ce lac oligotrophe transfert dans le noir neigeux
Mes sédiments d’algues vivent mes blessures d'humus
Dans le langage des cygnes aux plumes aphteuses

Ces substrats piqués de clartés écrites
Envahissent une colonie de nymphéas tubéreux
Cet épais muselage gélatineux et gluant
Enveloppe mes rêves affreux en partis submergés
Alors qu’une lumière frissonne à travers la gelée
Ces feuilles elliptiques fendues me transpercent

Et mon âme à mains nues à tâtons les effleure
Découvre un hymne d’une brillante solitude
Et le redoux s’inscrit à l’embouchure violette
De mes yeux aveuglés de cet amour perdu
Mes larmes déchirent ces feuilles flottantes
Dans la vase de mon cœur

Sous le regard d’une Nixe dévoilée
J’engloutis tous ses sentiments
Alors que l'aube me les efface
Au fur et à mesure
Je replonge dans l'abîme
Rejoindre les racines de mon nénuphar
Attendre le doux parfum de sa fleur blanche

samedi

Présage

Le temps m'interpellerait en silence, et il me prendrait par la main pour me relâcher dans l'éther.
Je m'accrocherai sur la dernière branche aux lichens de ton cœur à tes hanches et je déchirerai l'anfractuosité de tes chimères, ces monstres qui crachent l'amour éphémère.
Je t'écrirai une chanson douce sur tes cimes sculptées à l'air d' un parfum aigre-doux.
A fleur de peau au bout de tes divines phalanges, je me laisserai caresser le dernier voile de mes pudeurs.
L'amour décollerait entre nous et le ciel vers le sommet de la cordillère des anges.
Nos yeux partiraient les rejoindre.
Le temps m'interpelle en silence, mes yeux sont-ils partis en vain ?
Le temps m'interpelle en silence, ma main est-elle partie sur la colline de mes songes croiser l'amour éternel ?
Le temps m'interpelle en silence, entre nous et Cybèle vers la parcelle du bonheur.
Nos cœurs sont-ils partis la rejoindre ?

vendredi

Lettre ouverte du con d’en face


Observez-moi avec vos jumelles
Entre serrure et paumelle
Si je ne vous vois pas
Je vous sens sous mes draps
Avec ou sans sentiments
Un « con sentis » serait-il un « con ouvert »
Sans consensus
Et je vous rappelle qu'un con se suce
S'aspire se titille se mordille
Ô souffle de la quille
Et ceux qui me conditionnent
On l'art de m'épanouir
Peinerais-je à jouir
Complètement con et ne pas confondre
Apprendre avant de fondre
Et à lire sur les lèvres
Sans avoir la fièvre
N'est pas donné à tout le monde
Rousse brune et blonde
Un con nu à l’aven
Drapé d’une toison d'or ou d'ébène
Ô pelage d'une coquetterie d'antan
Frise la négligence de notre temps
Cependant comme dit Martine
Ô coquine et copine
N’est-il pas mystérieux enfouit sous un feuillage
Ce joli con à la plume dans l’attente d’un vernissage
D’un joli peigne au manche en bois dur
Et au fur et à mesure
Serait-ce la discordance des genres Ô bel appât
Les cons se suivent mais ne se ressemblent pas
Jardin bucolique Ô suave parfum
Amer acide offert à l’air marin
A tue-tête en point d’exclamation
A sec ou en pleine mousson
Ô cyprine délictueuse
Inconsommable question
Aphrodisiaque liqueur du croupion
Ô foutre crème onctueuse
Imbuvable question
Erotique laitage du dragon
Tout se mange et je bois je digère
Sur la paille sous les plumes dans les fougères
Un con irrité est plus dérangeant qu'un con irritable
Question sensation c'est ce qu'on dit sous la table
Ce con aime jouir aux larmes
Perçant les cœurs en alarmes

mercredi

La consultation


Version « je poeme »
Sur une échelle de 1 à 10
Dites-moi où vous vous situez
C’est-à-dire je ne sais plus compter
Et si je le savais
Je ne serais sans doute pas venu
Dites-moi alors où vous avez mal
C’est à dire que j’ai mal partout
Essayez d’être plus précis
Mon mal se situe des pieds à la tête
Oui mais encore plus précisément
Mes rêves ne marchent plus
Ah
Mais je ne suis pas psychiatre
Je ne peux rien vous prescrire
Comment je ne comprends pas
J’ai mal et vous ne voulez pas me soigner
Ecoutez je vais vous recommander à un ami
Il saura vous soigner c’est un spécialiste

Bonjour vous soignez bien les rêves
Il paraît
Et je marche avec vous mais je ne porte rien
Ah
Et vous pensez me soulager comment
A 150e la consultation
Vous devriez vous sentir mieux
Dès la première séance
Vous aurez envie de rêver
Et même de courir
C’est très efficace

Vous n’auriez pas une solution moins chère
J’ai une solution gratuite
Inscrivez-vous sur « jepoeme »
Mais je ne sais pas écrire
Ah c’est-à-dire
Je ne sais pas écrire de la poésie
Ce n’est pas grave
Vous ne serez pas le seul
Ils sont tous comme vous là-bas
Bonne chance
J’accepte les chèques
Je touche du bois
Voyez avec ma secrétaire

Martine au suivant
Mademoiselle Falbalou
C’est à vous
Comment allez-vous depuis hier

Version « le coin des poétes »
Sur une échelle de 1 à 10
Dites-moi où vous vous situez
C’est-à-dire je ne sais plus compter
Et si je le savais
Je ne serais sans doute pas venu
Par l'échelle de secours j'ai le vertige
Vous prendrez l'escalier pour repartir
Bien
Dites-moi alors où vous avez mal
C’est à dire que j’ai mal partout
Essayez d’être plus précis
Mon mal se situe des pieds à la tête
Oui mais encore plus précisément
Mes rêves ne marchent plus
Ah
Mais je ne suis pas psychiatre
Je ne peux rien vous prescrire
Comment je ne comprends pas
J’ai mal et vous ne voulez pas me soigner
Ecoutez je vais vous recommander à un ami
Il saura vous soigner c’est un spécialiste


Bonjour vous soignez bien les rêves
Il paraît
Et je marche avec vous mais je ne porte rien
Ah
Et vous pensez me soulager comment
A 150e la consultation
Vous devriez vous sentir mieux
Dès la première séance
Vous aurez envie de rêver
Et même de courir
C’est très efficace


Vous n’auriez pas une solution moins chère
J’ai une solution dans un petit coin de ma tête
Inscrivez-vous sur « le coin des poétes»
Mais j'ai mal partout aux pieds
A la tête et je ne sais pas écrire
Ai-je le droit de copier dans tous les coins
Ah
C’est-à-dire
Car je ne sais pas écrire de la poésie
En marchant la tête sur les épaules
Ce n’est pas grave
Vous ne serez pas le seul
Ils sont tous comme vous là-bas
Déboussolés


Bonne chance
J’accepte les chèques
Je touche du bois
Voyez avec ma secrétaire


Marie-Rose au suivant
Mademoiselle Agnès
C’est à vous
Comment allez-vous depuis hier


Version « Le parchemin»
Sur une échelle de 1 à 10
Dites-moi où vous vous situez
C’est-à-dire je ne sais plus compter
Et si je le savais
Je ne serais sans doute pas venu
Dites-moi alors où vous avez mal
C’est à dire que j’ai mal partout
Essayez d’être plus précis
Mon mal se situe des pieds à la tête
Oui mais encore plus précisément
Mes rêves ne marchent plus
Ah
Mais je ne suis pas psychiatre
Je ne peux rien vous prescrire
Comment je ne comprends pas
J’ai mal et vous ne voulez pas me soigner
Ecoutez je vais vous recommander à un ami
Il saura vous soigner c’est un spécialiste

Bonjour vous soignez bien les rêves
Il paraît
Et je marche avec vous mais je ne porte rien
Ah
Et vous pensez me soulager comment
A 150e la consultation
Vous devriez vous sentir mieux
Dès la première séance
Vous aurez envie de rêver
Et même de courir
C’est très efficace

Vous n’auriez pas une solution moins chère
J’ai une solution mixte et gratuite
Inscrivez-vous sur « Le parchemin »
Mais j'ai mal aux pieds
A la tête et je ne sais pas écrire
Ai-je le droit de copier
Ah
C’est-à-dire
Je ne sais pas écrire de la poésie
En marchant la tête sur les épaules
Ce n’est pas grave
Vous ne serez pas le seul
Ils sont tous comme vous là-bas
Déboussolés


Bonne chance
J’accepte les chèques
Je touche du bois
Voyez avec ma secrétaire


Sandy au suivant
Mademoiselle Katia
C’est à vous
Comment allez-vous depuis hier

Illustration d'après un dessin de Rancho