Musique. Stéphane Meer « The Prophecy. »

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A comme Amour (Version non définitive)
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mercredi

Au milieu d'une divine comédie

 
Je me retrouve dans un labyrinthe obscur dont la ligne la plus courte n’existe pas.
Je ne sais pas pourquoi.
Je ne trouve pas le sommeil.
Ai-je soif d’infini au milieu du chemin de ma vie ?
La terre est devenue ronde.
Alors comment ne pas tourner en rond ?
Les ombres se font plus intenses, et désormais, la lumière est grise sur la prairie solitaire.
Elle m’interpelle. 


Et doucement, je reviens sur mes pensées, je ne sais pas pourquoi. 
Je reste allongé immobile.
Je ne dis pas un mot.
Je pense à une journée froide d’un temps révolu.
Je ne sais pas pourquoi.
Le ciel est couvert d’un voile de mousseline d’étoiles voyageuses. 


Depuis peu, le diable s’habille en ocre rose et noir, et ne réside plus au centre de la terre, mais sur une île volcanique et déserte à l'abri d'un autre temps. 
Et par-delà les frontières imaginaires, sachez qu’un courant d’air qui marie une ocre rose d'Italie et une terre noire d'Inde donne naissance à de très beaux violines.
Je sais pourquoi.
Il n’en reste pas moins que le résultat peut être infini selon la conjugaison et la quantité des éléments; quoiqu’ils disent, quoiqu’ils fassent, ils se mélangent, malgré la distance qui les sépare. 

Je ne sais pas pourquoi. 
Et dans toutes ces turbulences terrestres, c’est dans ce chaos d’humilité irréversible, que cette nouvelle couleur violine apparait dans ses plus beaux habits de lumière. 

Juste pour dire que dans la nature tout est possible. 


Sur le fil mince du temps, tous les dogmes, peurs et fantasmes accumulés, parodiés et initiés par le culte ou la bien-pensante greffe, s’effaceront-ils avec raison ?
Si nous les diluons avec sagesse et amour, avons-nous besoin d’un visionnaire aveugle, d’une loupe ou d'une apocalypse ?

Cette réflexion frappe les façades les plus pâles et les plus noircies de cette grande maison en terre crue sans signes distinctifs.
L’envie d’ouvrir l’immense porte en bronze sculptée vers une divine comédie, pour laisser pénétrer la lumière, me brûle les sens; et par incidence, je cherche la clé dans la poussière d’un sol devenu difficile à fouler librement sans mettre un pied en enfer ou un genou à terre. 
Et si la porte s’ouvrait elle nous écrirait cette poésie :

« Sans lumière
Il n’y a pas de couleurs
Sans couleurs
Il n’y a pas de gaietés
Sans gaietés
Il n’y pas d’espoirs
Sans espoirs
Il n’y a plus de vie

La lumière donne tout
Sans discriminations ni oxymore
Bleue ou rouge
Elle ne blesse jamais son ombre
Et ne cherche rien en retour

La lumière dans une lanterne
Ne demande jamais
Si vous êtes un ennemi
Ou un ami
Et ne se renie jamais
Même si la bougie
Parfois vacille
Même si le soleil
Parfois se cache
Même si les étoiles
Parfois ne brillent plus

La lumière ne nous quitte jamais
C’est nous qui la quittons
Donnant tout ce qu’elle peut donner
Alors que l’homme prend tout 
Ce qu’il ne peut pas donner
La lumière ne perd jamais
Quant à l’homme
Jamais il n'aura le mot de la fin. »

Et le monde attend les éléments pour voir fleurir l’espérance et se forger la clé des champs.
Le vent finit de laver les nuages gris.
La pluie termine d’éteindre l’enfer.
La neige embellira les cimetières.
Le tonnerre annonce les bonnes nouvelles.
Le soleil nourrit la peau du sol, les toits des villes et les pairies des campagnes. 
Et au milieu de cette divine comédie, j'aperçois un champ de coquelicot, d’amour et de liberté nourrissant mon âme mes rêves.

De Samira à Marie-Sarah


Viens Marie-Sarah
Et tu verras
Où ma cité m’a créé
Où mon père m’a abandonné

« Alt » vos papiers s’il vous plait
Délit de faciès
Chère princesse
« Alt » vos papiers s’il vous plait
Délit de zèle
Chère Gazelle
Et je sors mon clavier
Vol à la tire d’un numérique
Pour le balancer dans le gravier
Je kiffe la gueule du flic
Avec son flingue en or
Encore un con qui m’adore

C'est un hold-up trop tard
C’est la prison sans case départ
Tes effets personnels
Tes lacets tes « Camel »
Assise couchée dans la cage
Sans escalier ni nuage
J’ai appris à me cacher
La tête violette et oranger
Derrière les barreaux de mon lit
Pour revoir la vie en vie
J’ai appris à me suicider
Au cœur de la collectivité
Pour ne pas oublier
Qu’à l’extérieur je suis cramée
Et qu’ici
On est juste à l’abri
De l’acide et de la pluie
Accro à l’Extasy

C’est le jour du parloir
Tu ne veux pas les décevoir
J’ai la honte trop tard
Et la haine sans crier gare
Debout accroupie dans la cage
Sans volets ni trucage
J’ai appris à parler
Conjuguer sans jurer
Pour attraper au vol
Au creux d’une parabole
Une étoile pour m’évader
Sans hurler ni papier
Retrouver le cœur de ma vie
Sans illusions juste mes soucis
Renaître sans perdre mon passé
Pour ne pas oublier
Qu’à l’extérieur
Je ne suis qu'une feuille-morte
Et qu’ici ou ailleurs
C'est l'humiliation derrière chaque porte

« Alt » vos papiers s’il vous plait
C'est le jour de la sortie
Le jour J
« Alt » vos papiers s’il vous plait
Je m’appelle Marie-Sarah
Ne tirez pas
J’ai appris le langage des signes
Sur votre clavier comme consigne
Je suis rentrée dans le moule
Et je me confonds désormais à la foule
Je vais vous le réciter
S'il vous plait écoutez

Viens Samira
Et tu te rappelleras
Où la machine m’a condamné
Et l’amour un jour m’a sauvé

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De Samira à Marie-Sarah