Musique. Stéphane Meer « The Prophecy. »

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- Des lettres ouvertes.

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A comme Amour (Version non définitive)
Mon recueil de Poésie Libre est en cours de correction. Les textes s’échelonnent de septembre 2009 à décembre 2011. Le dénominateur commun de cet ouvrage est l'amour. Une édition papier sera produite ultérieurement. Cliquez sur la couverture !
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mercredi

1 2 3 soleil

Printemps serais-je assis
Attendant la pleine lune
Sentirais-je mon âme
Parlant à la terre
Sentirais-je l'énergie
Dans ce tourbillon de folie
Essayant de m'aider
A nettoyer le désordre
Autour de moi
J’écris de la poésie
Des feuilles volent
Cette infanterie légère
Ballait et occupe le terrain

Printemps serais-je allongé
Cloué au sol
Les bras en croix
Commençant à voir des images
Des images
De mes images passées
De mon présent
Des images de mon avenir
Autour de moi
J’écris de la poésie
Des feuilles volent
Cette infanterie légère
Ballait et occupe le terrain

Printemps serais-je endormi
Les yeux ouverts
Lisant des questions
Sur le sang qui coule
J'ai reçu les réponses
Permettant à mon fardeau de se dissiper
Je vois la dissipation la duperie
Remplacer par l'amour
Eclairer la paix l'honnêteté
J’écris de la poésie
Des feuilles volent
Cette infanterie légère
Ballait et occupe le terrain

lundi

Une journée pas comme les autres

Serait-ce un heureux jour de printemps
Vivrais-je un moment de vie indescriptible
Fenêtre entrouverte à la douceur
A la lumière blanche et printanière
Au cri de rut d’un « ruit… pchuîît »
J’écoute le chant vigoureux d’un pinson
Perché là-haut le dos brun-noisette
Sur la plus grande branche du chêne vert
Le pinson mâle a la gorge rosâtre
Au front noir guette la femelle
Au plumage brun-olive virevolter
Au-dessus des buissons du jardin
Où les roses attendent les beaux jours

Serait-ce un heureux jour de printemps
Fenêtre entrouverte à l’harmonie
L’eau fraîche de la fontaine rigole
Le soleil n’a pas encore percé la haie
Des pétales agrémentent le vase rouge
Il repose sur le rebord de l’escalier en pierre
Il est encore vide dans son cœur
Juste léché par la rosée matinale

Serait-ce une journée pas comme les autres
Fenêtre entrouverte sur l’horreur
L’indescriptible a encore frappé
Ce matin dans une rue un attentat
Sur le trottoir devant une école
Jonchent des enfants des innocents
Une nuque rouge baigne dans son sang
Doit-on fermer toutes les fenêtres
Ou les ouvrir pour écouter tous ses cris
Désespérés écœurés pour oublier et prier
Doit-on juger l’homme dans son enfer

jeudi

Antarctique

Nous ne sommes jamais loin l'un de l'autre lorsque la nuit s'allonge à l'abri du froid polaire.
Et quand les esprits s’illuminent, nos corps s'éclairent et transpirent.
Mes yeux se ferment.
J'imagine la cheminée qui crépitent, les flammes qui lèchent la paroi en vitrocéramique et reflètent dans la grande baie vitrée la vie qui se consume. En même temps, j'imagine les centaines de stalactites alignées au bord de la toiture chanter gouttes après gouttes l'apparition des premiers rayons printanier.
Étendus sur le lit défait, encore humide, nous nous posons des questions que nous pensons existentielles.
Au même instant, au large à travers la baie, des baleines à bosses chantent pour la migration.
Elles dansent le dos gris foncé avec une bosse en avant où un aileron dorsal s'émancipe dans les airs et magnifie cette caricature de légèreté et de puissance.
C'est un mammifère marin et comme tous les mammifères, elle a des poumons, le sang chaud et elle allaite son petit.
De décembre à fin avril, elles se trouvent en Antarctique. Pendant cette période, elles se nourrissent principalement de petites crevettes qu'elles consomment en très grande quantité. Elles font des réserves de graisse car il semble qu'elles ne se nourrissent plus les six mois suivants.
Nous sommes là, nous aussi, mais au lieu de se nourrir, nous brûlons les graisses de nos interrogations comme « s'aime-t-on vraiment ? », «vais-je trouver du travail ? » ou bien le terrible et prématuré « suis-je passé à côté de ma vie ? » et nous creusons des sillons à travers nos esprits.
Ces pensées récurrentes posent des jalons.
Nous sommes dans une époque en manque de repères, nous nous en créons, nous sommes des drogués de la référence, de l’exemplarité, ces questions nous donnent un but à atteindre. Mais lesquelles aimerions-nous vivre réellement si nous ne voulons pas lâcher les amarres et suivre l'itinéraire déjà écrit ?
Comme les baleines a bosses après l'hiver qui viennent dans les eaux de l'Océan Indien remontent le long des côtes de l'Afrique du Sud par le canal du Mozambique pour arriver à Mayotte ou bien se dirigent à l'Est vers Madagascar. Ce voyage dure environ deux mois.
Serait-ce le temps qui nous reste à vivre avant de changer de cap ?

Nous ne sommes jamais loin l'un de l'autre lorsque le jour nous écoute. Et quand les cœurs chavirent nos âmes fulminent et les vers tendres rampent.
Toutefois, peut-être que tout cela est superflu ; ce sont les épreuves, les malheurs, les catastrophes qui nous révèlent. C’est la vérité ou une séquence très courte de la vérité ; dès lors les questionnements ne sont plus importants, on est dans sa catastrophe, le voile ontologique se déchire, on se découvre un peu comme ses baleines a bosses qui derrière leurs apparences indestructibles révèlent des mammifères qui se posent les mêmes questions que nous.
Les raisons sont différentes mais la conséquence est identique, comment survivre ?

Nous ne sommes jamais loin l'un de l'autre pour assister à la rencontre de deux ambidextres.
Etendus sur le lit épuisé d'avoir trop pensé. Aimons-nous car le temps nous est compté.



http://www.youtube.com/watch?v=Er5T9JIoF5E&feature=player_embedded

lundi

Soufflerait-il un vent d'amour

Le vent a poussé les nuages gris
L’ombre de la pluie a couvert le plafond
De la chambre bleue
D’un bout à l’autre
La neige a tapissé le parquet
D’un cristal noir

Et si le ciel orageux crie encore
Juste pour sentir le goût du vent
J’irai souffler alors mon amour pour vous
Jusqu’à la pointe du raz
Par le sentier des lutins

A la porte vous m’attendrez
Le regard éveillé
Les yeux écarquillés
Et le pied fragile sur l’ardoise

L’humide vent d’ouest se met en marche
S’insurge à travers la maison
Pour jouer de la cornemuse
Avec les rideaux de mes pensées
Personne ne sait d’où il vient
Il mène de folles danses
Dans le couloir du temps qui s’écoule
Où les feuilles des murs frémissent
Sous son souffle furieux
Il s’invite et repart sans rien demander

Le moment est venu de nous abandonner
Car le vent a le goût de l’amour
Un pur courant d’air
De chairs et de caresses
Sur lequel nous nous échouerons

mardi

Enfants d'Homs


L’œil perçant
L’enfant voit
Sur un toit
Une émanation du peuple 
Un militaire
Un frère
Un père 
Tirer
Aveuglément
Le cœur absent
Sans rien dire
Sur un révolutionnaire
Un frère
Un père

Et son âme ruisselle
Solitaire
Sur un mélange de terre
Et de sable mouvant
Le vent se lève
Avec le soleil qui se couche
Des rafales balayent le sol
Est-ce pour noyer l’horreur
Ou recouvrir son cœur
Ou un simple itinéraire liquide de son destin
Un transport d’ombres
Une vague de folies
Lentement descendue
Dans le lait rouge d’un cauchemar

L’enfant dans la réalité de sa condition
S’enfuit autrement
Penchant ses ailes
Dans sa légèreté
Pour s’évader de cet enfer
En sautant dans le vide
Et par les caprices confiés d’un coup de vent
Par la grâce insoluble
L’auréole aoutée d’un nuage
Le renvoie vers sa mère

**********

L’enfant n’attend rien mais c'est très symbolique pour lui de savoir qu'il y a des gens dans le monde qui pensent à sa mère et à lui. 
Ce qui se passe en Syrie est horrible. 
Bougeons-nous, car l’oubli est une démarche intellectuelle qui n'arrive jamais jusqu'au cœur.

jeudi

Au milieu d'une divine comédie

Je me retrouve dans un labyrinthe obscur dont la ligne la plus courte n’existe pas.
Je ne sais pas pourquoi.
Je ne trouve pas le sommeil.
Ai-je soif d’infini au milieu du chemin de ma vie ?
La terre est devenue ronde.
Alors comment ne pas tourner en rond ?
Les ombres se font plus intenses, et désormais, la lumière est grise sur la prairie solitaire.
Elle m’interpelle.

Et doucement, je reviens sur mes pensées.
Je ne sais pas pourquoi.
Je reste allongé immobile.
Je ne dis pas un mot.
Je pense à une journée froide d’un temps révolu.
Je ne sais pas pourquoi.
Le ciel est couvert d’un voile de mousseline d’étoiles voyageuses.

Depuis peu, le diable s’habille en ocre
rose et noir, et ne réside plus au centre de la terre, mais sur une île volcanique et déserte à l'abri d'un autre temps.
Et par-delà les frontières imaginaires, sachez qu’un courant d’air qui marie une ocre rose d'Italie et une terre noire d'Inde donne naissance à de très beaux
violines.
Je sais pourquoi.
Il n’en reste pas moins que le résultat peut être infini selon la conjugaison et la quantité des éléments; quoiqu’ils disent, quoiqu’ils fassent; ils se mélangent, malgré la distance qui les sépare.
Je ne sais pas pourquoi.
Et dans toutes ces turbulences terrestres, c’est dans ce chaos d’humilité irréversible, que cette nouvelle couleur violine apparait dans ses plus beaux habits de lumière.

Juste pour dire que dans la nature tout est possible.

Sur le fil mince du temps, tous les dogmes, peurs et fantasmes accumulés, parodiés et initiés par le culte ou la bien-pensante greffe, s’effaceront-ils avec raison ?
Si nous les diluons avec sagesse et amour, avons-nous besoin d’un visionnaire aveugle, d’une loupe ou d'une apocalypse ?

Cette réflexion frappe les façades les plus pâles et les plus noircies de cette grande maison en terre crue sans signes distinctifs.

L’envie d’ouvrir l’immense porte en bronze sculptée vers une divine comédie, pour laisser pénétrer la lumière, me brûle les sens; et par incidence, je cherche la clé dans la poussière d’un sol devenu difficile à fouler librement sans mettre un pied en enfer ou un genou à terre.
Et si la porte s’ouvrait elle nous écrirait cette poésie :

« Sans lumière
Il n’y a pas de couleurs
Sans couleurs
Il n’y a pas de gaietés
Sans gaietés
Il n’y pas d’espoirs
Sans espoirs
Il n’y a plus de vie

La lumière donne tout
Sans
discriminations ni oxymore
Bleue ou rouge
Elle ne blesse jamais son ombre
Et ne cherche rien en retour

La lumière dans une lanterne
Ne demande jamais
Si vous êtes un ennemi
Ou un ami
Et ne se renie jamais
Même si la bougie
Parfois vacille
Même si le soleil
Parfois se cache
Même si les étoiles
Parfois ne brillent plus

La lumière ne nous quitte jamais
C’est nous qui la quittons
Donnant tout ce qu’elle peut donner
Alors que l’homme prend tout
Ce qu’il ne peut pas donner
La lumière ne perd jamais
Quant à l’homme
Jamais il n'aura le mot de la fin. »

Et le monde attend les éléments pour voir fleurir l’espérance et se forger la clé des champs.
Le vent finit de laver les nuages gris.
La pluie termine d’éteindre l’enfer.
La neige embellira les cimetières.
Le tonnerre annonce les bonnes nouvelles.

Le soleil nourrit la peau du sol, les arbres des villes et les prairies des campagnes.
Et au milieu de cette divine comédie, j'aperçois un champ de coquelicot, d’amour et de liberté nourrissant mon âme mes rêves.

mercredi

De Samira à Marie-Sarah


Viens Marie-Sarah
Et tu verras
Où ma cité m’a créé
Où mon père m’a abandonné

« Alt » vos papiers s’il vous plait
Délit de faciès
Chère princesse
« Alt » vos papiers s’il vous plait
Délit de zèle
Chère Gazelle
Et je sors mon clavier
Vol à la tire d’un numérique
Pour le balancer dans le gravier
Je kiffe la gueule du flic
Avec son flingue en or
Encore un con qui m’adore

C'est un hold-up trop tard
C’est la prison sans case départ
Tes effets personnels
Tes lacets tes « Camel »
Assise couchée dans la cage
Sans escalier ni nuage
J’ai appris à me cacher
La tête violette et oranger
Derrière les barreaux de mon lit
Pour revoir la vie en vie
J’ai appris à me suicider
Au cœur de la collectivité
Pour ne pas oublier
Qu’à l’extérieur je suis cramée
Et qu’ici
On est juste à l’abri
De l’acide et de la pluie
Accro à l’Extasy

C’est le jour du parloir
Tu ne veux pas les décevoir
J’ai la honte trop tard
Et la haine sans crier gare
Debout accroupie dans la cage
Sans volets ni trucage
J’ai appris à parler
Conjuguer sans jurer
Pour attraper au vol
Au creux d’une parabole
Une étoile pour m’évader
Sans hurler ni papier
Retrouver le cœur de ma vie
Sans illusions juste mes soucis
Renaître sans perdre mon passé
Pour ne pas oublier
Qu’à l’extérieur
Je ne suis qu'une feuille-morte
Et qu’ici ou ailleurs
C'est l'humiliation derrière chaque porte

« Alt » vos papiers s’il vous plait
C'est le jour de la sortie
Le jour J
« Alt » vos papiers s’il vous plait
Je m’appelle Marie-Sarah
Ne tirez pas
J’ai appris le langage des signes
Sur votre clavier comme consigne
Je suis rentrée dans le moule
Et je me confonds désormais à la foule
Je vais vous le réciter
S'il vous plait écoutez

Viens Samira
Et tu te rappelleras
Où la machine m’a condamné
Et l’amour un jour m’a sauvé

*********************************************************

Ctrl alt suppr j’efface mon profil
« Alt » يوقع على الرجاء
De Samira à Marie-Sarah

vendredi

Une vie en compte-goutte

Le soir tombe comme ses paupières sur la misère de ses rêves. Elle s’injecte. Elle regarde les gouttes d'eau glissées sur la vitre de son vaisseau et voit partir sa jeunesse dans les étoiles.

Et dans la matinée, il descendra jusqu'au cimetière pour être sûr qu’elle est vraiment partie; pour être sûr qu’elle n'aura plus mal et qu’elle puisse reposer en paix ; pour qu’elle puisse être là où elle voulait être et pour ne plus vivre les pires moments que la vie lui a offert.

Et il a ouvert toutes les portes, pour voir si elle n’était pas cachée derrière; il a ouvert toutes les fenêtres, pour voir si elle était perchée dans un arbre, pour voir si elle était allongée près d’un coquelicot.
Au bout du chemin qui paraissait si long, son destin s’est échoué au pied d’un mur de glace un soir d’hiver.
Et il dépose ses mains sur son clavier azerty où ses doigts composent cette prose, des allées et venues d’un petit soldat dactylo amateur sans fusils, juste armé d’un coquelicot sur le canon de son cœur.

Et il écrit comme écrit la pluie sur la neige, des sillons en forme de partitions musicales :

« Est-ce l’écho de ta voix aux alentours
Que j’entends au lever de ce petit jour
La fenêtre ouverte à la bise d’hier
Caressant sur toute cette chair
Une fleur douce encore séduite
Au creux d’une lueur du temps en fuite
Est tristement seul et givre
Ne faut-il pas être toujours ivre
De vin de soleil d’amour de poésie
Avant que le verbe s’enfuit

Est-ce l’overdose d’une alchimie d’âmes
Entre un diable souverain et une femme
Entre un tragique destin
Et une culture du chagrin
Entre un cœur sanguin
Et une fleur perdue enfin
J'attends près du parchemin
Un message de ma belle amie en vain

A-t-elle dressé l’oublie
Serait-elle vraiment partie
Elle m’envoie un roseau
Avec la pointe taillée en biseau
Et de l'encre rouge
Dessinant des rayons infrarouges
Sur le pré qui nous sépare
M’enverrait-elle une herbe rare »

Agoniserait-elle dans un bouillon de sang et de souffre empoisonné ? Des lucioles et des sirènes encadrent l’écoulement pourpre dans son bois de rose ouaté de satin blanc.
Le monde pour elle s’est-il arrêté au fond de cette impasse, sous le chapiteau de la fresque de la tombe du plongeur ? Tous les mauvais scénarios conduisent à la rupture; tous les mauvais jours resteront sous la neige.

Une vie en compte-goutte fini par un saut vers l'inconnu ou la mort.

mardi

Intersection

Pour tracer une ligne dans le vide
Ne faut-il pas deux points peu importe le sens
Sous la passerelle des invalides
Ne coule-t-il plus l’innocence

Et la lune s’habille et brille
Le long de ses bas résilles
Dans son fourre-tout
Rien n’est clair tout est flou
Et vient la nuit éclate l'heure
Les jours s'envolent je demeure
Et cherche l’amour en rond
Assis debout comme un électron
A la fois elle s’entête
Et chante l’absence à tue-tête
Vais-je venir à bout
Où serais-je devenu fou
Tout s’en mêle
Bien qu’elle se démêle
La main dans la main
Restons face à face ce matin
Pour tracer une ligne dans le vide
Ne faut-il pas deux points peu importe le sens
Sous la passerelle des invalides
Ne coule-t-il plus l’innocence
Et ses cheveux noirs aux reflets roux
Danse dans l’ombre jusqu’à ses genoux
Elle me sourit tout à coup
Et je tremble de partout
Une idée filtre le long de son cou
Et son parfum m'enivre le bon goût
Pour tracer une ligne entre elle et moi
J’en veux encore intense et surmoi
Il a fallu plusieurs ronds-points
Pour trouver l'amour juste à point
Du sang sur les lèvres
Qu’en pensez-vous
Aurais-je attrapé la fièvre
Suis-je vraiment fou

Pour tracer une ligne dans le vide
Il faut deux points peu importe le sens
Sous la passerelle des invalides
Il ne coule plus l’innocence

lundi

Hiver cruel

L’hiver glacial congèle l’auxine
Ses tristes feuilles mortes dévoilent ses épines
Réchauffe la désespérance
Ressuscite les incohérences
Sous la neige le silence est l’acmé du roi
Une parodie sourde sans nom ni voix
Exhume l’endorphine
Une symphonie pastorale d’une orpheline
Éveil les sentiments
Démoralise la léthargie des exposants
Éduque la conscience malheureuse
Restaure l’ordre de la nature précieuse

Et à la lueur d’une bougie dans une catacombe
Devons-nous dévorer nos jambes
Pour obtenir l'énergie de marcher
Devons-nous dormir à la belle étoile
Pour déloger les esprits à briller
L’hiver deux mille douze est cruel

L’hiver glacial congèle l’auxine
Ses tristes feuilles mortes dévoilent ses épines
Enlumine la nuit et le jour
Deviendrait-il aveugle à l’amour
Cristallise la nuit le vide en drame
Tourmente le jour le cœur des Hommes
Après être devenu sans pitié ni secours
Nu de confort il souffle le manque
Montre des cris sous l’abat-jour
Vit sans état d’âme ni billet de banque
La glace a-t-elle une extinction de voix
Car la neige rend l'ignominie esthétique sans toit

Et à la lueur d’une bougie dans une catacombe
Devons-nous dévorer nos jambes
Pour obtenir l'énergie de marcher
Devons-nous dormir à la belle étoile
Pour déloger les esprits à briller
L’hiver deux mille douze est cruel

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http://www.dailymotion.com/video/xblgbo_le-sdf-mort-de-froid-land-art-ephem_creation

vendredi

Café


Mon désir de café est si fort que je ne peux pas le freiner. Je peins et j’écris des heures durant et même davantage et je perds toute notion de temps et d’espace, voyageant à travers les horizons d’un monde imaginaire. C’est un monde plutôt étrange, mais je m’y sens bien.

Où la porcelaine danse en robe blanche
Comme la peau d'un nuage au bout d'une branche
Volupté éparse d'un sucre roux en poudre
Savoureuse semence d'un coup de foudre
Fruit rouge et noir de l'arbre à la torréfaction
Passage d’un arôme délicat à la diablerie sans concession
Chaud et ténébreux baignant sur une langue camée
Un enfer au royaume d’une terre brûlée
Léger et pur comme un cœur en louange
A la musicalité d’une tempera sauvage
Doux et crémeux flirtant sur la surface du monde
Comme la vapeur d’un filtre d’une création féconde

Et je vois en premier un paysage nocturne chargé de brume illuminée de lueurs incandescentes, autres forces actives de la nature; et les rives, d’abord fort étroites de mes yeux, s’élargissent. Le second montre des océans tumultueux au-dessous d’une épaisse atmosphère zébrée d’éclairs violents propices, une fois encore, à la genèse de la vie; et je dessine des nuages d’argent, des flocons de filigranes couleur café, de pâturages en sucre blanc. Il neige encore et je termine mon café équitable.


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Pub sans doute pas très équitable mais esthétique !
What else /George Clooney et John Malkovich.
http://www.youtube.com/watch?v=23j1B4-lroM&feature=player_embedded

mardi

Exposition avant-gardiste


Un flocon deux flocons trois flocons
Des milliers de flocons
Planent et m’offrent le tournis
Frôlent mon cœur engourdi
Et mes lèvres asséchées par le givre
Me ferment les yeux et les ouvrent
Et je vois une femme en cire
Coulant sur l'échelle du temps
Sans talons aiguilles ni cuir
En filigrane bécotant
L’armure d’un prince charmant
Sans élan ni amour fulgurant

Est-ce une photo de vous
Ou
Une peinture de « Fernando Botero Angulo »
Assise nue à l’aval d’un ruisseau
Est-ce du Land Art
Ou un abcès Pop Art

Assisterions-nous à un remake
A une biographie existentielle d’un mec
Ou d'une girafe à la veine glacée
Brodée d’une langue blanche écœurée
Assistée d'un macchabé ligaturé
Ou d’un vieux macramé
Recouvert de tatouages en délire
Juste pour vous dire
Qu’il n’y a pas d’amour heureux
Quand une femme en chair coule

Alors dessinons-lui une bouée
Autour d’une taille édulcorée
Comme vous êtes en photo
Bien plus moderne
Qu'une fresque de « Fra Angélico »

Et de cette prouesse sans peine
Ne vous cachez plus
Dans votre cœur le froid n'est plus
Il neige encore
Replongeons alors
Dans le merveilleux
Sous ses flocons
Recouvrant tous vos jours malheureux
Partez vous réchauffer sous l'édredon

dimanche

Oblique

A droite
Elle
A gauche
Lui
Au milieu
Serait-ce le vide
Une perte d’équilibre
Par cet après-midi
Gris
A droite
La mer
A gauche
Le ciel
Et face à nos yeux
Des vagues et de l’écume
Des nuages et des flocons
Duel entre la verticale et l’horizontale
Dans un délire futile
Comme tout est simple et étrange
Etendue sur le côté droit
Allongé sur le côté gauche
Ombrelle et parapluie
Je me désintéresse du paysage
Et je ne pense qu'à des choses très coquines
Très coquines et très heureuses
Comme mon regard
Verticalement
Horizontalement
Perdu au milieu de nulle part
Et au centre de tout
De gauche à droite
Je vais et je viens

lundi

Songe oligotrophe


Ô Verlaine sous le coquard de ta lune blanche
Devant la porte gardée par ce colosse Cerbère
Ce lac oligotrophe transfert dans le noir neigeux
Mes sédiments d’algues vivent mes blessures d'humus
Dans le langage des cygnes aux plumes aphteuses

Ces substrats piqués de clartés écrites
Envahissent une colonie de nymphéas tubéreux
Cet épais muselage gélatineux et gluant
Enveloppe mes rêves affreux en partis submergés
Alors qu’une lumière frissonne à travers la gelée
Ces feuilles elliptiques fendues me transpercent

Et mon âme à mains nues à tâtons les effleure
Découvre un hymne d’une brillante solitude
Et le redoux s’inscrit à l’embouchure violette
De mes yeux aveuglés de cet amour perdu
Mes larmes déchirent ces feuilles flottantes
Dans la vase de mon cœur

Sous le regard d’une Nixe dévoilée
J’engloutis tous ses sentiments
Alors que l'aube me les efface
Au fur et à mesure
Je replonge dans l'abîme
Rejoindre les racines de mon nénuphar
Attendre le doux parfum de sa fleur blanche

samedi

Présage

Le temps m'interpellerait en silence, et il me prendrait par la main pour me relâcher dans l'éther.
Je m'accrocherai sur la dernière branche aux lichens de ton cœur à tes hanches et je déchirerai l'anfractuosité de tes chimères, ces monstres qui crachent l'amour éphémère.
Je t'écrirai une chanson douce sur tes cimes sculptées à l'air d' un parfum aigre-doux.
A fleur de peau au bout de tes divines phalanges, je me laisserai caresser le dernier voile de mes pudeurs.
L'amour décollerait entre nous et le ciel vers le sommet de la cordillère des anges.
Nos yeux partiraient les rejoindre.
Le temps m'interpelle en silence, mes yeux sont-ils partis en vain ?
Le temps m'interpelle en silence, ma main est-elle partie sur la colline de mes songes croiser l'amour éternel ?
Le temps m'interpelle en silence, entre nous et Cybèle vers la parcelle du bonheur.
Nos cœurs sont-ils partis la rejoindre ?

vendredi

Lettre ouverte du con d’en face


Observez-moi avec vos jumelles
Entre serrure et paumelle
Si je ne vous vois pas
Je vous sens sous mes draps
Avec ou sans sentiments
Un « con sentis » serait-il un « con ouvert »
Sans consensus
Et je vous rappelle qu'un con se suce
S'aspire se titille se mordille
Ô souffle de la quille
Et ceux qui me conditionnent
On l'art de m'épanouir
Peinerais-je à jouir
Complètement con et ne pas confondre
Apprendre avant de fondre
Et à lire sur les lèvres
Sans avoir la fièvre
N'est pas donné à tout le monde
Rousse brune et blonde
Un con nu à l’aven
Drapé d’une toison d'or ou d'ébène
Ô pelage d'une coquetterie d'antan
Frise la négligence de notre temps
Cependant comme dit Martine
Ô coquine et copine
N’est-il pas mystérieux enfouit sous un feuillage
Ce joli con à la plume dans l’attente d’un vernissage
D’un joli peigne au manche en bois dur
Et au fur et à mesure
Serait-ce la discordance des genres Ô bel appât
Les cons se suivent mais ne se ressemblent pas
Jardin bucolique Ô suave parfum
Amer acide offert à l’air marin
A tue-tête en point d’exclamation
A sec ou en pleine mousson
Ô cyprine délictueuse
Inconsommable question
Aphrodisiaque liqueur du croupion
Ô foutre crème onctueuse
Imbuvable question
Erotique laitage du dragon
Tout se mange et je bois je digère
Sur la paille sous les plumes dans les fougères
Un con irrité est plus dérangeant qu'un con irritable
Question sensation c'est ce qu'on dit sous la table
Ce con aime jouir aux larmes
Perçant les cœurs en alarmes

mercredi

La consultation


Version « je poeme »
Sur une échelle de 1 à 10
Dites-moi où vous vous situez
C’est-à-dire je ne sais plus compter
Et si je le savais
Je ne serais sans doute pas venu
Dites-moi alors où vous avez mal
C’est à dire que j’ai mal partout
Essayez d’être plus précis
Mon mal se situe des pieds à la tête
Oui mais encore plus précisément
Mes rêves ne marchent plus
Ah
Mais je ne suis pas psychiatre
Je ne peux rien vous prescrire
Comment je ne comprends pas
J’ai mal et vous ne voulez pas me soigner
Ecoutez je vais vous recommander à un ami
Il saura vous soigner c’est un spécialiste

Bonjour vous soignez bien les rêves
Il paraît
Et je marche avec vous mais je ne porte rien
Ah
Et vous pensez me soulager comment
A 150e la consultation
Vous devriez vous sentir mieux
Dès la première séance
Vous aurez envie de rêver
Et même de courir
C’est très efficace

Vous n’auriez pas une solution moins chère
J’ai une solution gratuite
Inscrivez-vous sur « jepoeme »
Mais je ne sais pas écrire
Ah c’est-à-dire
Je ne sais pas écrire de la poésie
Ce n’est pas grave
Vous ne serez pas le seul
Ils sont tous comme vous là-bas
Bonne chance
J’accepte les chèques
Je touche du bois
Voyez avec ma secrétaire

Martine au suivant
Mademoiselle Falbalou
C’est à vous
Comment allez-vous depuis hier

Version « le coin des poétes »
Sur une échelle de 1 à 10
Dites-moi où vous vous situez
C’est-à-dire je ne sais plus compter
Et si je le savais
Je ne serais sans doute pas venu
Par l'échelle de secours j'ai le vertige
Vous prendrez l'escalier pour repartir
Bien
Dites-moi alors où vous avez mal
C’est à dire que j’ai mal partout
Essayez d’être plus précis
Mon mal se situe des pieds à la tête
Oui mais encore plus précisément
Mes rêves ne marchent plus
Ah
Mais je ne suis pas psychiatre
Je ne peux rien vous prescrire
Comment je ne comprends pas
J’ai mal et vous ne voulez pas me soigner
Ecoutez je vais vous recommander à un ami
Il saura vous soigner c’est un spécialiste


Bonjour vous soignez bien les rêves
Il paraît
Et je marche avec vous mais je ne porte rien
Ah
Et vous pensez me soulager comment
A 150e la consultation
Vous devriez vous sentir mieux
Dès la première séance
Vous aurez envie de rêver
Et même de courir
C’est très efficace


Vous n’auriez pas une solution moins chère
J’ai une solution dans un petit coin de ma tête
Inscrivez-vous sur « le coin des poétes»
Mais j'ai mal partout aux pieds
A la tête et je ne sais pas écrire
Ai-je le droit de copier dans tous les coins
Ah
C’est-à-dire
Car je ne sais pas écrire de la poésie
En marchant la tête sur les épaules
Ce n’est pas grave
Vous ne serez pas le seul
Ils sont tous comme vous là-bas
Déboussolés


Bonne chance
J’accepte les chèques
Je touche du bois
Voyez avec ma secrétaire


Marie-Rose au suivant
Mademoiselle Agnès
C’est à vous
Comment allez-vous depuis hier


Version « Le parchemin»
Sur une échelle de 1 à 10
Dites-moi où vous vous situez
C’est-à-dire je ne sais plus compter
Et si je le savais
Je ne serais sans doute pas venu
Dites-moi alors où vous avez mal
C’est à dire que j’ai mal partout
Essayez d’être plus précis
Mon mal se situe des pieds à la tête
Oui mais encore plus précisément
Mes rêves ne marchent plus
Ah
Mais je ne suis pas psychiatre
Je ne peux rien vous prescrire
Comment je ne comprends pas
J’ai mal et vous ne voulez pas me soigner
Ecoutez je vais vous recommander à un ami
Il saura vous soigner c’est un spécialiste

Bonjour vous soignez bien les rêves
Il paraît
Et je marche avec vous mais je ne porte rien
Ah
Et vous pensez me soulager comment
A 150e la consultation
Vous devriez vous sentir mieux
Dès la première séance
Vous aurez envie de rêver
Et même de courir
C’est très efficace

Vous n’auriez pas une solution moins chère
J’ai une solution mixte et gratuite
Inscrivez-vous sur « Le parchemin »
Mais j'ai mal aux pieds
A la tête et je ne sais pas écrire
Ai-je le droit de copier
Ah
C’est-à-dire
Je ne sais pas écrire de la poésie
En marchant la tête sur les épaules
Ce n’est pas grave
Vous ne serez pas le seul
Ils sont tous comme vous là-bas
Déboussolés


Bonne chance
J’accepte les chèques
Je touche du bois
Voyez avec ma secrétaire


Sandy au suivant
Mademoiselle Katia
C’est à vous
Comment allez-vous depuis hier

Illustration d'après un dessin de Rancho

Sculpteur d'avenir


Mon ciel broie du noir pour s'échapper
Des griffes d'une pluie annoncée
Et dans le berceau bleu de mes vœux
De l'eau de la vie coule à flot

Et au son d’une mélodie d'amour
Au crépuscule bavard de ma salive
Une étoile illumine mon jardin d'hiver
Mon ciel se farde d'un horizon orangé
Rêve d'une azalée de vers tendres
De reflets cristallins comme ils viennent
Sur le lac d'eau vive de mon espérance

Alors éclairez-moi cette nouvelle année
Ce nouveau jour tant attendu
Eclairons-nous l’un et l’autre
A cette seconde pour toujours

Et si le sculpteur n’est pas un apôtre
Ne fabrique pas une sculpture
Il enlève ce qui la cachait
Et si l’amour n’est pas en nous
C'est un peu le même destin
Il nous faudra découvrir l'autre monde
A travers nos voyages nos ombrages
Nos victoires nos défaites
Car toute conviction sincère mérite le respect

Et notre conscience d’homme
N’est-elle pas un sanctuaire sacré
Pour l’amour porté à son prochain
Un asile où l’âme pure transcendée
Seule a le droit de pénétrer

mardi

Hallux Valgus danseuse aux pieds nus

Galop de l’antonyme fée Carabosse
Danseuse étoilée dans le ciel d’un ballet russe
De l’oiseau de feu
A papillon le Dieu bleu
Ô spectre de la rose et drame
Amphore de ses larmes
Ô spiritueux alcool raisin de la terre
Prolongement aquatique en enfer
Marche forcée et dévers
A contrecourant en pleine mer
Une nuit sur le Mont Chauve
Dans le train bleu avec les fauves
Par-delà le Cap Horn et l’Etna
De Patagonie et d’Ushuaia
Terre de feu en pointe et sentinelle
De ses vœux en voyage éternel
Cœur liquide d'un cactus
Serait-ce l'Eden d'Hallus Valgus
L’épine océane dorsale
D’un pied pointant le parquet magistral
D’un pied nickelé d’argent et d'argile
Grandiose destin sous la coupole
A l’orteil droit en Si bémol
A l’orteil gauche en Fa dièse
De la pizza à la Bolognaise
Ballet audacieux à la Scala
D’une sirène d’une raie Manta
Jeux d'osselets et corrida
Seins doux et castagnettes
Tambours et baguettes
Cendrillon dans l’arène d’un rêve
Soulier de vair d'Adam et d'Eve
Naissance d'un amour chair
D'un Hallux Valgus en vers
La fée du logis sans théâtre opère
Sans manière ni contre façon
La botte secrète d'un étalon
Et le pied beau d’une écuillère
Serait-ce la fin d’une carrière
L’heure d’une dernière prière

Le vote


Le dévot vote
Pendant qu'elle tricote
C'est le tour de la dévote
Pendant qu'il la pelote

Ils votent
Belote
Et rebelote
Tout le monde complote

Certains boursicotes
Pendant que les grenouilles barbotent
Les sauterelles gigotent
Et votent votent votent

Si la pie vote
Moi aussi je pivote
Et me révolte
Contre le vote

Si un bon avis vote
Moi aussi je vivote
Et je virevolte
Par-dessus les votes

Vite une antidote
Pour éviter mon prochain vote
Vite une dernière papillote
Avant que mamie revote

Serais-je hétérozygote
Vote
Vote
Prenez-en note

dimanche

Ombrelle et parapluie


D'un reste de fange
Un homme une femme
Et sans eux que serait la terre
Mettant les mains dans la glaise du monde
Certes ils ne sont pas tous les jours de bons élèves
Mais ils en ont tiré les atomes
Divisé le chaud avec le froid
Le soir du matin
Et même l'esprit avec la matière
Ils ont exprimé la fange
Les mers étincelantes et les eaux pures
Exondant l'amour
Entre les femmes et les hommes

Et il y a ce château
De la belle au bois dormant
Sur ce piton imprenable
Et de ce pays qui me vît naître
Je ne l'ai vraiment compris qu'homme mûr
Et par vagues
Les souvenirs affluent

Et il y a cette femme
Nue comme au premier jour
Sur ce lit à baldaquin
Et de ce belvédère
D'où je contemple ce monde féminin
Depuis longtemps sur toutes ses routes
Inscrivant sa vie sur mes lacets
Je ne l'ai pas assez aimé

Et j'ai surtout compris
Emporté par le vent
D'une machine à écrire
Regardant cette femme
Comme d'en haut Dieu la regarde
La place éminente prise dans mon coeur
J'ai pris conscience
De la force de la profondeur
De son empreinte
Ainsi passant de l'analyse à la synthèse
J'ai franchi l'étape décisive
Celle de l'aimer à jamais

vendredi

L’envol d'un songe d'enfant

A l'aube d'une présence
Un sourire
Déborde de chaleur
Jours et nuits
Résonne des prénoms
Ai-je besoin d'une seule chose
Celle de vous aimer

Et au-dessus de la plaine
A la vigne dorée
Par-delà les montagnes
A la neige éternelle
A fleur des cimes
De la forêt de sapins
Dans une cabane perchée
En bois flottés
Sur le rebord de la fenêtre
Il y a des miettes
Pour les oiseaux
Comme il y a des graines
Pour les voyageurs
Et tout finit par germer
Au bon endroit
Au bon moment
Peu importe le sens du vent
Et de ses sentiments
L'amour tombe-là
Où il a décidé de tomber
Un point c'est tout

On accompagne M. à l’aéroport
Un petit garçon de cinq ans
Il est inquiet
Car personne ne partira avec lui
Et on lui murmure à l’oreille
N’aie pas peur M.
L'amour t’attend à l’arrivée
Sa voix d’enfant ses pleurs
C’est bien lui
Et je me réveille ébranlé
Car M. c’est moi
Je n’ai plus cinq ans mais quarante-cinq
Et à la larme facile
Celui que j’étais dans mon enfance
Un enfant peureux et inquiet
Serait-il devenu courageux
Prenant les siens
Sous ses ailes généreuses

Mon inconscient les avait réunis
Le temps d'un voyage initiatique
Le temps d’un vol d’amour

La course contre les étoiles

Fontaine scellée par le gel
Chemins effacés par les flocons
L’alpe de mes rêves est dorénavant
Un royaume de soleil et de silence
Ouvert aux seules courses du vent
Et du lièvre blanc
Vous souhaite une merveilleuse année 2012
La course contre les étoiles
Est annoncée
Celle où le cœur insufflera
Juste l'amour

A l'arête de mon être


Un fil de neige étiré contre le ciel
A une altitude moyenne
Entre l’aiguille de minuit et de midi
Gouffres d’ombre et de lumière solides
Les pentes plongent
De part et d’autre de l’arête
De mon cœur pèlerin
Au Nord comme au Sud
Glisse vers la combe de la belle
Au pied de mon joli jardin d’hiver
Planté dans le flanc
Au-dessus de la vallée
Tout au bout de l’avenue de brumes bouillonnantes
Reine et maîtresse de mes nuits
Pôle inévitable de mes panoramas
Ouvert désormais aux foules innombrables
De mes envies dominantes hivernales
Dôme de lumière éclatante
Arrondi contre la voûte du ciel
Môle de glace lubrique vient battre tempête
A ma source inspiratrice
Fleuve figé et pourtant vivant
Alcôve bleue à l'éternelle beauté
Où flotte encore la vapeur de l'encens
De nos dernières tentations
Aiguille déchiquetée paroi verticale
Satellite méridional
Découvrirais-je un jour sans nuit
La fameuse coupole sommitale

mercredi

A l'adret d'un songe

Elevant le regard de la feuille
Dont ses cils bruns mêlent les lettres
La voyageuse hivernale la découvre
Imprimé sur la montagne 
Neige écrite
Dans un langage universel
Merveilleusement lisible

Et
A l'adret d'un songe
A l'abri du temps
Fondent au bout de sa langue
Des mots d’amour

Le rêve libérateur d’M.

Elle errait sans destination
Sur un long plaisir inachevé
Parcourant des milliers de comètes
Seins et pieds nus
Noirs désirs
Le rêve
Se métamorphose en ascenseur
Dans un allées et venues confus
La chose lui prend la main
Elle reconquiert l’air d’un amour pur
Et respire son odeur

La musique grave qui lui faisait peur
Et la terrifiait s’échappe
Elle s'éveille plein de voix
Dans le silence de la nuit
Elle est retournée en rêve
Dans les profondeurs de ses cinq ans
Tout était blanc
Un fantôme dans une pièce
Recouvrait une page illisible
Elle vient de deviner
Qui est l’auteur de son errance

Enfants


Enfants contemplez le ciel
Les nuages la neige les colombes
Traversant l'arc-en-ciel
Et laissez respirer votre cœur sur cette tombe

Enfants baissez les mains
Cueillir les fleurs Noël sous le sapin
Enveloppés dans vos pulls en laine
Et mangez vos madeleines

Enfants gardez vos souvenirs
Dans l'armoire bleue
Au fond de vos yeux
Vous en serez heureux pour ne pas souffrir

Enfants je vous aime
Dans le fourmillement de mes poèmes
Un seul sentier mène haut dans votre regard
Les autres mènent partout et nulle part
Il faudra bien les prendre parce que nous sommes des êtres errants
Mais obstinément
Dans notre cœur l'âme revient au galop
Emplit de voix lointaines chantant mes mots
Et pur de sa vocation inspirée
Enfants soyez aimé

Rouge-gorge

Hier, sans le vouloir, un vent amoureux a soufflé si fort qu'il a déposé un voile de neige sur la montagne de mon cœur. En même temps, je crois avoir attrapé au vol un virus, un rouge dans ma gorge, un chuchotement blanc presque sourd... Mais ce matin, un sentiment d'une clarté que seul le soleil mon amour peut offrir, a baigné de ses éclats mon âme, et mon rouge-gorge s'est envolé à nouveau libérant mes voix lactées; je ne suis plus enrhumé et l'angine s'est évaporée.

La niche des roses et ses poils de pinceaux

Et sa zibeline à la cime
Glissant d’une couleur à l’autre
De la neige à la chrysalide
Mélange l’air du temps
L’hypnose fauve d’un papillon de nuit
Et sa soie à la fleur éteinte
Couchant son huile solitaire
Comme un doux édredon
Réveille l’essence
Un lambeau alangui de chair
Et son petit-gris brun de Kazan
Contournant l’oiseau bleu de Prusse
De la mer Caspienne à la Baltique
Apprivoise le steak d’un tartare
Sur la plaine d’un vernissage
Et son poil de blaireau au ciel
Traversant son cœur et celui du monde
Caresse le vitrail de sa foi
Murmure l’âme du poète
Où la dryade se vêt d’un glacis
Et son chiendent féroce balai-brosse
Mouchetant la vaste toile
En perdition sur le fleuve noire
Redresse le voile d’un bateau
L’étincelle d’une flamme oubliée
Et parmi tous ses poils
Je récure et peins les araignées
D’un même mouvement
Sur toutes mes toiles
Pendues au-dessus de ma bouche
Une écarlate confession
D’un arbre gerbant le kitch
Trône en haut de la rue
Infiniment solitaire
En son lieu d’asile
Et une ondine blanche de peau piétine
Hors de l’espace enclos sous la neige
Hâte-toi vers la niche des roses
A l’ombre de mon ombre empale-toi
Sur mon œuvre en métamorphose
Reste avec moi
La porte du garage va se refermer
Retire-toi avant l'aube

lundi

Le club Khanin Levi-Strauss

501 basket costard
Guépard Cougar
Anthropolgues Ethnologues Carembar
Cherchent (Wanted) beau nectar
Entre deux cigares

Des jeunes filles de lettres
Ou analphabètes
Des petites vedettes
Si possible muettes
Inadmissible toutes suffragettes

Toilettage à huit-clos comme précaution
Direction le chenille en cas de perquisition
Aller retour en cage par avion
Sans avis de réception
Ni pourboire de compensation

Les petites vedettes
Ainsi font font font
Les petites vedettes
Ainsi font font font
Trois p'tits passes et puis s'en vont

Le train arrière bombé
Sautez sautez
Les petites vedettes
Recommencez
Vous aurez des croquettes

La taille courbée
Tournez tournez
Les petites vedettes
Recommencez
Vous aurez des croquettes

La queue alléchée
Sucez sucez Les petites vedettes
Recommencez
Vous aurez des croquettes
Les petites vedettes

Ainsi font font font
Les petites vedettes
Ainsi font font font
Trois p'tits passes et puis s'en vont

Il ne repassera plus

Dehors, tombe la neige, Eole frappe sur mes volets et j'entends sa voix. Il est un vêtement pour moi comme je suis un vêtement pour lui. Pourtant, il y a des jours, je me sens totalement nue; assourdie de ne plus entendre le son de ses mots doux. J'ai peur ! Et bousculée dans ma vie, meurtrie dans mon cœur, j’ai froid et je compte les heures et toutes ses minutes qui s’ajoutent à ma tristesse. Me serais-je trompée, j'ai osé; osé franchir l'interdit, aller à l'encontre de mes valeurs. Je n'avais rien prémédité, un pur hasard. Des années de fidélité absolue ! J'ai cru à nouveau en l'amour vrai, sincère, profond et partagé, mais j'ai oublié que le rêve et la réalité ne pouvaient cohabiter.
Je me suis laissé emporter comme un oued qui retrouve le son de l’eau roulant dans son lit. J'ai fait confiance, je me suis livré et je me réveille d'un songe merveilleux, magique où le temps s’arrêtait dès que j’étais avec lui. Nous nous sommes croisés à un moment où nos destins se ressemblaient. Il y a des choses que l’on ne comprend pas et pourquoi elles viennent nous frapper droit dans le cœur. Nous avons partagé nos peines, nos peurs, et nous sommes tombés amoureux. Une année de magie, de réel bonheur, jamais je n'oublierai ces moments partagés ! Je fonds comme un sucre gorge sur sa langue et ses mots lorsqu’il me murmure dans le cou :
« Quand la nuit s’approche chacun de tes mots me dévorent; je viens à toi pour déserter mon corps. Tu es mon devenu mon asile et alors je deviendrais sage et viril. Quand l’aube survient tes envies exhalent le silence; je ne ressens que ta présence. Tu es mon désir ma douceur et alors je me réveillerais serein et de bonne humeur. Quand le soleil de midi éclaire ton âme en écritoire; je reste immergé dans ton ombre pour la boire. Tu es mon esprit ma source et alors je me nourrirais de ta lumière et de ton essence. Quand le crépuscule trace notre amour entre ciel et terre; je ne suis plus moi en clair. Tu es mon ange mon alliance et alors je volerais vers toi pour t’emporter en haute fréquence !

Mais, je le sens s'éloigner, et j'ai peur de le perdre ! Nous nous étions promis sincérité; et ce soir, je doute... J'interprète... Je me trompe peut-être. Je ne crois pas. Pourquoi ne pas dire clairement les choses ? L'amour ne peut- il donc jamais être sincère, partagé ? J'ai vraiment mal... Et, je suis là debout en chemise blanche et pieds nus sur le seuil de la porte, sur la dalle en ardoise, les orteils tordus sous le froid de l'hiver.

Etait-elle encore consciente ou abattue.

Le prénom de celui que j'aime, je le cache dans mon cœur, nul ne le sait que moi-même, c'est mon secret, mon bonheur et je le pleure. Il y a des jours, je me sens totalement perdue ! Je ne voulais pas rêver à tous ses pires jours qui devaient justes restés enterrés sous la neige sans jamais plus ressurgir. Au bout du compte, j’ai eu ce dont je courrais toujours après, ce dont je courrais toujours après…Je crois dans mon délire, entendre sa voix qui soupire plus suave que jamais, sifflant l'hymne à l'amour à travers mes cheveux, murmurant des je t'aime sur ma peau, serpentant ses notes sur les lambeaux de mes derniers vœux.

Aimerait-elle croquer la vie à pleines dents sans finir folle ? On en rajoute souvent à force de nous assister et de jouer avec nos émotions, on a perdu l’essentiel, celui de vivre sans cloche artificielle…

Et j'accumule les désillusions. Alors je m'écroule, j'avoue. Je croyais en sa sincérité, en son amour et ce soir, je doute de tout de lui de moi du monde !
Alors oui, je vais suivre ton conseil et le questionner. Trouvera-t-il du temps pour me répondre ? Il me manque terriblement et je voudrais croire qu'il tient encore à moi, je dois les avoir, je dois effectivement lui poser clairement la question ? Mais j'ai peur, peur de sa réponse, peur du vide et de l'absence ! Je me sens nulle en racontant mes problèmes de cœur; j'ai l'impression d'en être arrivée au point de devoir quémander pour être aimée. C'est ridicule : totalement absurde ! Ce n'est pas moi, je ne suis pas ainsi. Je veux redevenir moi-même, réaliser mes rêves, croire encore en l'amour fou, l'amour vrai, sincère, profond, durable. Je tiens énormément à lui mais je dois savoir, savoir ce qu'il attend, ce qu'il espère, ce que je représente à ses yeux. S'il m'aime véritablement ou si l'amour s'est envolé, parti en fumée.

C'était pour eux une bulle au-dessus de la mêlée ! Une histoire de plus où ils ont beaucoup aimé chacun de leurs moments partagés et ils aimeraient en vivre d'autres ainsi, ici ou jusqu'au paradis. Il est vrai que c'était fantastique, énigmatique, irréel léger et tendre à la fois. On ne sera jamais vraiment pourquoi si ce n’est qu’il faut être disponible dans sa tête et son corps pour pouvoir apprécier ces moments forts. Ils ne se sentent pas ouvert en ce moment. Ils n'oublient rien à cet instant et gardent au fond d'eux, chaque geste, chaque regard et chaque caresse. Ils repartent chacun en allégresse comme de vieux amants, tranquille sur un pas nonchalant...

Je dois rester forte, mais rien qu'en écrivant ces mots, je pleure... Fragilité féminine, je me croyais plus solide... Et Noël arrive à grand pas, l'occasion de lui offrir un cadeau pour ranimer la flamme... Le plein de vide s'enchaîne à mon cou sur mon cœur; mes yeux se cernent en naufrage sur mon visage; tout le rouge ardent de mon amour s'engouffre dans ma bouche au fond de ma gorge amère; après quelques somnifères, je m'endors; je vois dans l'eau de mon sommeil, une esquisse de caresse qui s'évanouit et se renverse sur moi, sur les empreintes de ses pas afin que je m'en souvienne à jamais. D'un geste lent et d'effacement, je dissimule l'oubli par pincée. Et seule, au creux de mon amour passé, au bord de mon oreiller, je n'entends plus le vent d'hiver mais je sens qu'il neige encore sur mes vers. Il était un vêtement pour moi et j’étais un vêtement pour lui.

dimanche

A des songes de neige

Serait-ce l’œuvre d’un geste
Entre la toile et le pinceau
Ou le point de contact
Une explosion de flocons
Cette chute de soie
Recouvre mon front
L’hiver s’impose
Il est un vêtement pour moi
Comme je suis un vêtement pour toi
C’est le maquillage flou
Mon visage s’absente
Dans l’infusion des choses
Pour tout doucement dégager
Un parfum d'herbe mouillée
Le goût d’hier dans ma bouche
D’un amour peu farouche
La dernière feuille brune
De ce tableau nu et furtif
Tire sa révérence à la lumière
Et mon regard capture l’ange
Mes mains ses ailes
Et l’ensevelissent dans mon cœur
C’est la fin d’un ciel noir
Et dans l'or du brouillard
Je m’assoupis dans ses pensées
Promesse d’une musique éloquente
D’une langueur riche d’air pur
D’une rencontre secrète
Entre une statue intérieure
Et mon exhumation intime
Enduit d’huile neigeuse
Ses amples tissus
L’hiver s’impose
Il est un vêtement pour moi
Comme je suis un vêtement pour toi

mercredi

L'échographie d'un cheveu blanc

Au cœur d'un son canonial
Viendra l'heure de l'évanescence
L'instant d'une renaissance
Ephémère d'un papillon astral
Tatoué sur le creuset rénal
D'une peau blanche cérébrale

Et mes cheveux poivres et sels
Migreront avec cette hirondelle
Au sommet d’un pain de glace
Glisser dans ses traces
Au confins de la mer Egée
S’allonger sur un sable étoilé
En lisière d'une forêt équatoriale
Danser avec sa sève impériale
Au bord d’une rivière
S’enrouler sur des galets verts

Et mes cheveux poivres et sels
Migreront avec cette hirondelle
Au milieu d’un champ mirliflore
Cueillir un bouquet multicolore
Au près d'une vague de fond
M'étaler l'écume sur mon front
A l'encolure d'une terre de sienne
Me réchauffer l'âme sœur en peine
A l'épicentre d’un ouragan imprévu
M’envoler à nouveau vers l’inconnu

Et c’est l’heure du réveil
Des cheveux blancs
Enfouis sous une neige de printemps
Est-il mort le soleil
Me questionne l'échographie
Voudrait-elle oublier ses soucis
M'emmener chez elle
Dans son repère d'hirondelle
Voir de plus haut encore
Ses magnifiques décors
Sur le clapotis de son étang
Voir briller nos reflets d’argent
Mêler le vert avec le bleu
D'une eau gorgée de vœux  
Effacer le gris du ciel
Dessiner un arc-en-ciel
Sous la pluie et le soleil

Et c’est l’heure du réveil
De l' échographie d'un cheveu blanc
D'une réflexion face au temps
Car il y a encore une beauté de la nature
Suspendue sur cet amour si pur

lundi

Convalescence


Sous l'aubépine
Les insectes ne chantent plus
Place au cerlce d'hiver
D'un mortel combat
De la crête du nuage s'écoule
Un sein blanc
Le frimas d'une chair
Où une cénelle rouge danse
Sous la caresse pulpeuse
D'une douce escarmouche frivole
L'amour fleurit

Danse à cœur ouvert


Noyée dans une nuit profonde
Une troublante mèche cuivrée
Danse à cœur ouvert
Une lueur ventrue et ténébreuse
Derrière cette paroi enflammée
Sous la magie diffuse d’une bougie
Se cacherait-il l’amour

Et face à cette flamme tournoyante
Il y a toi
Et trois façons de la conquérir
Quels cheminements choisir

Celui de la bravoure
En sautant par-dessus
Comme la clarté du jour
Perçant le gris nuage
Obscur et foudroyant

Celui de l’opportunité
En le contournant
Comme le silence
Battant le pouls de Dieu
Invisible et présent

Celui du pragmatisme
En empruntant une échelle
Comme ce conte
De Jack et l’Haricot magique
Chanceux et clairvoyant

Dans ce trop plein d’idées reçues
De légendes amères et cavalières
Entretenues par des rêves dissolus
A travers tous ces raccourcis
D’ombres et de lumières
L’amour n’est pas une illusion
Juste une rencontre de deux cœurs
Et il suffit d’un geste pour l’animer
Celui de les ouvrir sans contrefaçon

Réveillée par un soleil radieux
Danse à cœur ouvert
Une fleur épanouie et heureuse
Devant toi
L’amour s'est consumé

dimanche

Le péril jeune


La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Le baromètre mondial
Du péril jeune
C'est l'île aux enfants
Belle et grasse
Sans Casimir ni bodega
Juste burger frite et coca
Et des cadeaux « merding China » 
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Le « king » de la pub
Une cotation à la bourse
Pour toujours plus
De fric de débit
D'emplois précaires
Tu peux faire carrière
Avant le cimetière
Comme fossoyeur
De chefs cuisiniers
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
De gras saturé
D'huile de palme
Tuant l’orang-outan
Des peuples
Des enfants
Profitant à quelques « Big Mac »
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
De professeur tournesol
Augmentant insidieusement ton cholestérol
Et ta parabole ventrale
Une présence qui fuit
La graisse qui coule
Une odeur qui pue
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
C'est faire croître une vraie tension
Sans avoir l'estomac sous pression
Avec une élégance impitoyable
Après de nous avoir pris pour des cannibales
Ils nous prennent aujourd'hui pour des ruminants
Avec leur salade équilibrée
Elle nous déculpabilise
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Du « merding France »
De l'engrais pour l'industrie agricole
Une concession d'un sol qui se dérobe
Un piège sanitaire
Une mondialisation sectaire
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
Bon appétit
Joyeux Noël
Et vive la dinde
Même si nous sommes tous marrons
Et le foie bien gras
Et pour ceux qui veulent voir encore des grands singes
Direction Disney Paris
Ou la Floride
Pour ceux qui cultivent l'oseille
Et qui ne connaissent pas Corneille
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
A obtenu la palme d’or
Non pas pour la belle plume de Donald
Mais pour la vraie semblance du poil
Avec celui du dernier orang-outan
La restauration rapide
C'est trop plein de vide
La chronique d'une bouffe asptisée
Le péril jeune
Un remake de l'aile ou la cuisse
Où la réalité a tué la fiction
Les doigts remplacés
Couteaux et fourchettes
La paille
Le goût et le tire bouchon
C'est le diner presque parfait du péril jeune

vendredi

Une place de la liberté


Un écueil blanc de peau
Sans domicile ni couverture
Fixe le feu follet tricolore
Dans la lumière bleue
Au venin qu’elle injecte
Dans le verrou de son sang
Ce beau récif à fleur de peau
Saigne au sein de la fontaine
Son vert d’eau terre de sienne
Reflète les corbeaux en pierre
De la cathédrale en friche
Sous un milliard d’étoiles amères

Proche d’un lampadaire aveugle
Un clignement liquide de ses yeux
S’appuie une danseuse épuisée
A l’ombre de son recueil
Une pluie d’algues douces
Nourrit le regard de cette corolle
Son cœur en émoi s’échappe
Se dépose sur la main forte
Pleine d’utopies de l’âme sœur
Un sucre liquide coule dans sa gorge
Un papillon s’inscrit sur son front
Chantant un message libérateur

Partons ensemble sans contrefaçon
Sous ce milliard d’étoiles amères

mercredi

Flocons d'un rêve


A la fois loin
Et si proche de moi
Un nuage de soie
S’approche à grand pas
Un hiver comme horizon
Et des flocons
Tombent sur mon front
Sur les cils de mes vœux
Suis-je comme eux
Sur l’accord du silence
L’heure glisse
Dans l’écoulement
Presque blanc
Quelle est cette façon de manier le jour
Lorsque la nuit nous entoure
Et silencieuse
L’heure tourne
Son ombre sur son axe
Déroule le tapis
Et je regarde bien cette captive
Marquée par des lignes singulières
Une douce intimité frôle mon visage
Des mains innocentes
Nues de toutes ambiguïtés
Tourbillonnent sur elle-même
Car minuit va s’accomplir
Sur tout mon corps
Douze frémissements
Et ses pas
Dont je perçois le galop
Déjà lointain est son silence

mardi

Tout d'Y. (Nouvelle)

C'est l'histoire d'Y ou d'une maladie d'amour dans un quartier chaud qui finit au bled dans un quartier froid ... Bonjour. Je suis une jeune fille d'origine contrôlée Monsieur Guéant ! (Avec un T comme Tintin ou avec un D comme Débile, on s'en fout, la terre sera toujours ronde n’est-ce pas et la femme l'esclave de sa douceur ? ).
J'ai la vingtaine comme seul horizon; je ne suis pas blonde; je suis brune teinte en blonde car j'habite Marseille ! C'est une tendance qui dure, ma grand-mère et ma mère se déguise de la même manière, seule mon arrière-grand-mère garde ses beaux cheveux corbeau et brillants sous son voile ! C'est comme pour les tatouages et les percings que j'ai abondamment semé sur mon corps entre mes arabesques d'henné dessinées par ma tante. C'est chic et ethnique, je partage un sentiment qui représente un clan et dégage une force, c'est important ce mode de transmission des cultures. Et si c'est un signe de reconnaissance pour moi, c'est aussi un signe de détresse intérieure. Je voulais dire, mais il ne faudra pas le répéter, sinon ils vont me casser la gueule : « mes tatouages fantaisistes sont faux, c'est mon frère qui me donne ses transferts malabar... ». Et je tiens à dire aussi, que je ne suis pas une « cagole ! » juste une jeune femme qui survit dans un quartier chaud, où il faut être au diapason sans faire trop salope mais un peu quand même !
Et je voudrais me sortir de cette spirale infernale qu'est la tristesse et le ridicule, de toute cette merde qui n'est pas moi. Car l'habit ne fait pas le moine et le maquillage le clown ! Je ne suis qu'une jeune femme qui joue à la grande sauterelle, à la « râpeuse de strass ! ». Comme j'aimerai trouver l'âme sœur sans ses frères son père et sa mère sur le dos, comme j'aimerai revoir un père au boulot et une mère au fourneau ! Juste quelqu’un de bien pour me sortir de ce ghetto !

Le temps s'écoule... Je mûris sans arbre sur une branche cachée derrière un vieil écran d'ordinateur. Et si ma mère a repris le balai mon père ne fait rien. Il commence sa retraite...

Et j’ai rêvé d’un asile sans psychiatrie, d’un monde parfait où l’on serait libre au milieu de balles de coton et non de plomb, à l'abri, sous les ailes d'un ange; et, comme racontait mon grand père : « Les Anges ont été créés à partir de la lumière, le djinn a été créé à partir d'un feu pur, et Adam a été créé à partir de ce qui vous a été décrit. ». Et pour moi, seul le désir d'aimer me parcourait les sens.

J'ai une maladie, une tristesse qui dure depuis deux ans et qui me chevauchent l’esprit et le cœur ; tenace et qui me ronge peu à peu comme le fibrome et l’utérus de ma sœur... Encore un malheur qui j'ajoute !
Deux ans c'est long. Je sèche comme la chair anorexique de ma copine et grossis comme Bobos le fils du marchant de kebab et de mouches !

Tout démarre d'une histoire d'amour. C'était mon rayon de soleil au milieu de ma misère quotidienne. C'est un garçon merveilleux. De mon âge, ambitieux, intelligent, d'une famille relativement aisée. Je le trouve parfait. Moi, je suis d'un tempérament un peu triste, introverti. Lui n'a pas peur de parler de ses sentiments. Je préfère le faire à l'écrit. Parfois c'est grinçant, car je parle surtout de mes craintes, de mes chagrins. Des blogs dont il a connaissance, et qu'il a du mal à accepter. Pourtant j'écris encore... Nous nous entendons bien, nous nous aimons, ça ne fait aucun doute !

Mon rêve se poursuit dans les méandres de mes nuits… Le temps s'écoule... J'aime sous l'arbre un ange sur une couverture dénudée.

L'ange passe, un choc ! J'apprends que je suis enceinte. Je lui annonce... La réponse est sans appel : « Et tu penses faire quoi ? ». Là c'est la descente aux enfers qui commence... Evidement j'avorte. Hors de question que je le garde... Nous ne travaillons pas, nous habitons chacun chez nos parents qui ne se connaissent pas. Nos familles d’origines ne sont pas compatibles ! Lui, doit terminer des études de haut niveau. Je sens comme une pression de la "belle famille"... Si je ne le fais pas ça sera le drame. Alors je le fais... Et le remord et l'amertume s'emparent de moi. Nous n'avons pas réfléchie une seule fois à une autre solution que l'IVG. Il est clair que personne n'en voulait de ce bébé. Sauf moi ! C’était mon sauveur… Mon ange libérateur !

Le rêve s’achève…

Quelques semaines se sont écoulées. Je ne rêve plus. Rien ne va plus entre nous... Moi je doute de tout. Jusqu'à sa fidélité... Je deviens intrusive et suspicieuse... Lui ne me fait aucun cadeau. Il est rude... Je fuis...
Nous faisons un break. Nous décidons de garder contact et de se rester fidèle. C'est même lui qu'il me l'a demandé...
J'écris toujours. C'est de plus en plus grinçant. Je me complais à faire des pamphlets sur les hommes en général. Lui y vois des attaques personnelles... Ca n'est pas le cas...
Il me quitte au bout de deux mois, me disant qu'il ne m'aime plus. Il m'insulte de tous les noms, me dis que je suis folle, j'ai besoin de me faire soigner ! Il me dit que je peux bien crever, que je suis une bonne à rien, que je rate tout, même mes études... C'est probable, il ne parlait pas de moi à ses amis... Tous des futurs médecins, experts comptables et compagnie...

A travers ses paroles c'est sa mère qui prend le relais . Elle finit de m'achever, pense que j'ai détruit son fils, et me menace de main courante !

Un an environ s'est écoulé depuis. Et je pleure toujours. Je l'aime toujours. Il a été l'amour de ma vie... Je n'ai plus jamais eu de nouvelle... Et j'essaye d'en avoir désespérément.
Je passe des heures parfois sur le net à essayer de retrouver une trace de lui, à essayer de savoir ce qu'il devient. Sans le contacter pour autant. Je sais simplement qu'il s'est réinscrit sur le site de rencontre sur lequel on s'est rencontré... Moi je m'invente une vie depuis sur mes blogs, mon site copain d'avant « En couple, en ménage et heureuse». Dans l'espoir qu'il le voit... Que ça lui fasse du mal. Seulement le temps passe. Et je crois que lui m'a tout bonnement oublié... Depuis un moment déjà...
Tout est devenu difficile. Ma vie, mes études, mon quotidien. Je suis toujours dans ce quartier où le vent souffle toujours sur les mêmes imbéciles et amours.
Je ne pense qu’à lui, je ne rêve que de lui. Je le vois revenir toutes les nuits. C'est un combat de tous les jours. Je n'ai plus envie de rien, ni de manger, ni de m'habiller, mon année scolaire est un fiasco et mon père me frappe mon frère m’interdit de sortir…
Et heureusement qu’ils ne savent pas tout !
Comment me sortir de là. Je prépare mes études à domicile, ce qui me rend encore plus vulnérable. Je ne vois personne. Hormis lui, dans ma tête.
Combien de temps pour guérir d'un chagrin d'amour ? J'espère trouver de l'aide, car je n'en peux plus. Je suis toute jeune, et j'ai l'impression de porter déjà tant de chagrin sur mes petites épaules !
Un jour je reçois une photo. Le flou de cette photo me fait penser à une vieille photo de quelqu'un de connu d'une beauté troublante !
Je parlerai plus du grain de la photo comme celle de sa peau ; et je l'imagine ouatée très beau, onctueuse comme un tapis de neige fraîche aux cristaux tièdes qui fondent sous ma couverture, mais je ne le connais pas. Sans doute à cause de cette noirceur qui a bercé mon cœur depuis tout petite dans ce monde de brut et de cet amour perdu, je suis devenu aussi séche que son os.
Ah ! Comme j'aimerais bien rentrer dans le cadre, ce qui m’éblouirait mes pensées les plus folles et douces car tu es vraiment beau mon ange !
Je baisse les stores gris de ma chambre, c’est l’heure de partir… Vers cet homme que je ne connais pas !

A tout d'Y.